Face à l’intensification des crises climatiques et à l’effondrement de la biodiversité, les entreprises sont unanimement appelées à agir et contribuer au financement de la transition. Longtemps cantonné à des actions périphériques, l’engagement environnemental devient aujourd’hui un enjeu central de transformation des organisations.
Dans ce contexte, soutenir la préservation et la restauration des forêts ne relève plus uniquement de la responsabilité sociétale. C’est désormais un choix stratégique, au service de la résilience et de la performance durable des organisations.
Les forêts, un actif stratégique encore sous-estimé
Les forêts jouent un rôle majeur dans l’équilibre climatique mondial. Elles captent le carbone, régulent le cycle de l’eau, abritent une biodiversité essentielle et soutiennent économiquement des millions de personnes à travers le monde.
Pourtant, la dépendance des entreprises à ces services écosystémiques reste largement sous-évaluée : 99 % des entreprises ne mesurent pas leur dépendance à la nature (IPBES). La majorité des organisations ne mesure ni son empreinte sur la nature, ni les risques associés à sa dégradation. Cette déconnexion représente aujourd’hui une vulnérabilité majeure.
Les travaux scientifiques récents sont sans équivoque : les flux financiers qui détruisent la nature sont encore 30 fois supérieurs à ceux qui la protègent (PNUE). Sans un rééquilibrage massif des financements en faveur de la nature, les conséquences économiques pourraient être considérables. Investir dans les forêts, c’est donc aussi investir dans la stabilité de nos modèles économiques.
Cette vulnérabilité est d’autant plus critique que les impacts économiques du dérèglement climatique et de l’érosion de la biodiversité pourraient être systémiques. Une étude de l’Institute and Faculty of Actuaries (IFOA) alerte sur un risque d’effondrement du PIB mondial pouvant atteindre 50 % entre 2070 et 2090 si des actions massives ne sont pas engagées rapidement. Ce scénario souligne une réalité désormais incontournable : préserver les écosystèmes, et notamment les forêts, ne relève pas uniquement d’un enjeu environnemental, mais bien d’une condition de stabilité économique globale.
Au delà de la réduction, la contribution : un changement de paradigme
Les entreprises ont largement engagé des démarches de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre. Cette étape est indispensable, mais elle ne suffit plus.
Les cadres de référence internationaux, notamment ceux portés par la Science Based Targets initiative (SBTi), insistent désormais sur la nécessité d’aller plus loin. Il ne s’agit plus seulement de limiter son impact, mais de contribuer activement à la résolution des enjeux climatiques, y compris en dehors de sa chaîne de valeur.
Cette approche, encore émergente il y a quelques années, s’impose aujourd’hui comme une évidence. Elle permet non seulement d’accélérer la transition vers le net zéro, mais aussi de renforcer la capacité des entreprises à faire face aux risques environnementaux, qu’il s’agisse de tensions sur les ressources, de perturbations des chaînes d’approvisionnement ou d’aléas climatiques.
Dans cette dynamique, les entreprises ont un rôle déterminant à jouer pour combler le déficit de financement des actions climatiques. Pour atteindre les objectifs mondiaux de réduction des émissions, les financements climat doivent passer de 1,3 à 8,4 trillions de dollars d’ici 2030 et être multipliés par 13 d’ici 2050 (Climate Policy Initiative).
Pour y contribuer de manière structurée, plusieurs leviers peuvent être activés : définir un pourcentage du chiffre d’affaires dédié à des projets à fort impact tels que les projets de reforestation, instaurer un prix interne du carbone ou encore intégrer des mécanismes de contribution volontaire dans leur stratégie globale. Ces approches permettent d’ancrer l’engagement climatique dans les modèles économiques et de participer concrètement à l’effort collectif, ils sont par ailleurs largement recommandés par les instances internationales de références telles que le New Climate Institute ou intégrés aux outils d’évaluation de l’action climatique des entreprises (Climate Contribution Framework – Sweep, Mirova Research Center).

L’exigence croissante de crédibilité
Dans un contexte marqué par une vigilance accrue des parties prenantes, la question n’est plus seulement d’agir, mais de prouver que l’on agit efficacement.
Les entreprises sont attendues sur la robustesse de leurs engagements. Cela implique de s’appuyer sur des projets capables de démontrer un impact réel, mesurable et vérifiable dans le temps. Les dispositifs de suivi, combinant données scientifiques, observations terrain et indicateurs socio-économiques, deviennent ainsi indispensables.
Cette exigence de transparence répond à un double enjeu : sécuriser les investissements réalisés et renforcer la crédibilité des démarches auprès des investisseurs, des régulateurs et du grand public.
Dans ce contexte, les projets de préservation et de restauration des forêts intègrent de plus en plus des techniques avancées de suivi-évaluation, notamment via l’utilisation de technologies de pointes telles que le suivi géospatiale, la télédétection laser (LiDAR) ou le suivi biodiversité par ADN environnemental (eDNA) ou bioacoustique.
Transformer l’engagement en levier de performance
Lorsqu’il est structuré, l’engagement en faveur des forêts dépasse largement le cadre de la responsabilité sociétale. Il devient un levier de création de valeur.
En contribuant à la restauration des écosystèmes et au développement des communautés locales, les entreprises participent à la construction de territoires plus résilients. Elles renforcent également leur propre positionnement, en affirmant une vision de long terme et en répondant aux attentes croissantes de leurs parties prenantes.
Cet engagement contribue aussi à transformer le récit de l’entreprise. Il ne s’agit plus seulement de réduire des impacts négatifs, mais de démontrer sa capacité à générer des externalités positives, concrètes et durables.
Cette composante change radicalement le narratif de l’action des entreprises et permet un engagement bien plus fort de l’ensemble des parties prenantes.
La Philanthropie Climatique : une nouvelle voie pour structurer son engagement

Dans un contexte marqué par la baisse des financements publics dédiés à l’environnement, l’engagement du secteur privé devient un levier indispensable pour atteindre les objectifs climatiques mondiaux. Les entreprises ne sont plus seulement des acteurs complémentaires : elles sont désormais au cœur de la solution, avec une capacité unique à mobiliser des ressources financières à grande échelle et à orienter les flux vers des projets à fort impact.
Face aux limites de certains mécanismes existants, notamment les controverses liées aux crédits carbone, de nouvelles approches émergent pour répondre aux attentes des entreprises.
C’est dans cette perspective que Planète Urgence a développé la Philanthropie Climatique. Cette approche propose un changement de logique : passer d’un système de compensation à une démarche de contribution directe et vertueuse, centrée sur l’impact, mais sans appropriation de celui-ci.
Concrètement, elle permet aux entreprises de financer des projets environnementaux et sociaux sans recourir à l’achat de crédits carbone. Les financements sont orientés directement vers le terrain, au service de projets de restauration des écosystèmes, avec une exigence forte en matière de mesure et de suivi.
Un outil aligné avec les enjeux stratégiques des entreprises
La Philanthropie Climatique répond aux principales attentes des organisations en matière d’engagement environnemental. Elle repose sur des méthodologies scientifiques reconnues, permettant de mesurer avec précision les impacts carbone de projets qui génèrent également des bénéfices significatifs pour la biodiversité et les communautés locales.
Elle offre également un cadre de transparence particulièrement robuste. Les entreprises disposent d’un suivi dans la durée, avec des indicateurs vérifiables et intégrables dans leurs reportings et évaluation extra-financiers. Cette capacité d’intégration est essentielle dans un contexte marqué par le renforcement des exigences réglementaires.
Enfin, elle permet de construire une communication crédible et différenciante. En mettant en avant des projets concrets et documentés, les entreprises peuvent affirmer leur engagement sans s’exposer aux risques de greenwashing.
Investir dans le vivant pour sécuriser l’avenir

L’engagement en faveur des forêts s’inscrit désormais dans une logique d’investissement. Un investissement dans le climat, dans la biodiversité, mais aussi dans la stabilité des activités économiques.
À mesure que les modèles économiques évoluent, les entreprises qui tireront leur épingle du jeu seront celles capables d’intégrer ces enjeux dans leur stratégie globale. Non pas comme une contrainte, mais comme une opportunité de transformation.
Dans un monde contraint par les limites planétaires, la capacité des entreprises à investir dans le vivant ne sera plus un marqueur d’engagement, mais un indicateur de leur viabilité économique. Soutenir des projets forestiers, c’est faire le choix d’une performance durable, alignée avec ces limites et les attentes de la société.
La philanthropie permet de dé-risquer les investissements dans les solutions basées sur la nature
La philanthropie joue un rôle déterminant pour rendre finançables des solutions fondées sur la nature qui, bien que cruciales pour le climat, la biodiversité et la résilience, restent souvent perçues comme trop risquées par les investisseurs et entreprises.
En prenant en charge les phases amont (études de faisabilité, diagnostics écologiques, analyses socio-économiques, structuration foncière et juridique, consultation des communautés), elle absorbe des coûts indispensables mais non rentables, que les capitaux privés refusent généralement d’assumer.
Elle soutient également l’innovation en finançant des pilotes, des expérimentations et des preuves de concept, permettant de tester des modèles économiques encore émergents comme les paiements pour services écosystémiques, la restauration des sols ou les crédits biodiversité. En renforçant les capacités locales – gouvernance, droits d’usage, organisation communautaire, transparence – elle améliore la viabilité sociale et institutionnelle des projets, un prérequis essentiel pour attirer des financements publics et privés.
La philanthropie contribue aussi à réduire les risques politiques et réglementaires en soutenant la médiation, la planification territoriale et la sécurisation des droits fonciers, autant d’éléments qui rassurent les investisseurs.
Elle joue enfin un rôle de signal : l’engagement d’une fondation reconnue crédibilise un projet, attire des cofinancements et crée un effet de levier significatif.
Grâce à sa capacité à intervenir de manière flexible, patiente et tolérante à l’incertitude, la philanthropie agit comme un véritable catalyseur, capable de débloquer des investissements bien plus massifs dans les solutions fondées sur la nature.
En cela, l’engagement philanthropique pour les forêts est un investissement stratégique pour les entreprises !
Passer à l’action avec Planète Urgence
Depuis plus de vingt ans, Planète Urgence accompagne les entreprises dans la structuration de partenariats à impact, au cœur des grands bassins forestiers mondiaux.
Avec la Philanthropie Climatique, les organisations disposent aujourd’hui d’un outil concret pour transformer leurs engagements en actions mesurables, utiles et durables.
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