2 septembre 2021 • ACTUALITÉS

Solutions fondées sur la Nature par l’UICN : l’exemple du projet MERCI

Les « Solutions fondées sur la Nature » (SfN) ont vu le jour en 2009 lors de la COP15 Climat de Copenhague, sous l’impulsion de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). Le Congrès Mondial de la Nature de l’UICN débutant ce vendredi 3 septembre 2021, Planète Urgence vous propose de mieux comprendre ce qui définit une Solution fondée sur la Nature et de vous donner un exemple concret mis en œuvre par l’association en Indonésie.  

Qu’est-ce qu’une « solution fondée sur la nature » ?

Les Solutions fondées sur la Nature sont définies par l’UICN comme les « actions visant à protéger, gérer de manière durable et restaurer des écosystèmes naturels ou modifiés pour relever directement les défis de société de manière efficace et adaptative, tout en assurant le bien-être humain et en produisant des bénéfices pour la biodiversité ». Concrètement, un projet de SfN doit présenter deux critères de mise en œuvre indispensables :
  1. Assurer le bien-être humain en contribuant directement à un ou plusieurs défis de société que sont l’atténuation et l’adaptation aux changements climatiques, la réduction des risques naturels, le développement socioéconomique, la santé humaine, la sécurité alimentaire, l’approvisionnement en eau
  2. Présenter des bénéfices pour la biodiversité grâce à des actions de préservation, de restauration et/ou de gestion durable d’écosystèmes englobant de nombreux concepts associés tels que la restauration écologique, les infrastructures vertes ou la gestion intégrée des écosystèmes.
   

En quoi les Solutions fondées sur la Nature apportent des réponses aux changements climatiques ?

  Nous le savons tous, de nombreuses interdépendances existent entre la biodiversité et le climat. Le climat a une influence sur les écosystèmes (température, pluviométrie), alors que la biodiversité a réciproquement une influence sur le climat local et global de par le service de régulation rendu par les écosystèmes (puits et réserves de carbone, régulation des écarts thermiques, stabilisation des microclimats, cycle de l’eau, etc.). Les deux crises que nous vivons actuellement – des changements climatiques et de l’érosion de la biodiversité – s’affectent donc mutuellement et se renforcent, nuisant plus fortement au développement humain. C’est l’Accord de Paris lors de la COP21 en 2015 qui a reconnu le rôle des écosystèmes naturels (dont les forêts et les océans) dans l’absorption des émissions de carbone et dans l’appui à l’adaptation des sociétés aux changements climatiques. L’intégrité de ces écosystèmes et leur préservation ainsi que celle de la biodiversité doivent être garanties pour atteindre les objectifs de lutte contre les changements climatiques. Les Solutions fondées sur la Nature peuvent contribuer à l’atténuation des changements climatiques car de nombreux écosystèmes captent et stockent du carbone comme les mangroves ou les forêts. Un projet de restauration de mangroves peut ainsi permettre de contribuer à l’atténuation des changements climatiques.  

L’exemple du projet de restauration de mangroves « MERCI » de Planète Urgence

  MERCI reforestation planète urgence Le projet MERCI de Planète Urgence a été retenu en exemple des Solutions fondées sur la Nature rédigée par l’UICN en ce mois de septembre 2021. Lancé en mars 2020, ce projet situé sur l’île de Java en Indonésie a pour objectif de restaurer les écosystèmes de mangrove dégradés au sein et en périphérie du parc national d’Ujung Kulon. Ce projet doit contribuer à la réduction des risques naturels fréquents dans la zone (éruptions volcaniques, tremblements de terre et tsunamis), mais également à la préservation du rhinocéros de Java, classé en danger critique d’extinction (liste rouge des espèces menacées de l’UICN). C’est en réponse à ce double objectif que ce projet de restauration des habitats dégradés a été conçu, tout en veillant à fournir des ressources halieutiques aux communautés locales, afin de ne pas les conduire à des déplacements induisant une destruction accrue d’habitats, parfois au sein même du parc national. Il permet un gain net de biodiversité par la plantation de quatorze espèces locales contribuant à la conservation du rhinocéros de Java et permet la génération de revenus par le développement d’une activité aquacole d’élevage de crabes au sein des mangroves. Afin de mettre en place une gouvernance inclusive, Planète Urgence s’est associée à l’organisation ALABAMA qui travaille avec les communautés locales afin de les impliquer dans la protection du littoral de la zone. Conçu dans une perspective de long terme, la gestion du projet est adaptive et comprend la mise en place de mesures d’évaluation, de suivi et une stratégie d’adaptation en fonction des changements globaux. Il vise donc à inciter à une mise en œuvre sur le long terme et sur une emprise géographique importante, notamment via l’identification des principales parties prenantes du territoire et de leur intégration au sein du projet (parc national, agences gouvernementales, commune, groupes communautaires, etc.). Cliquez ici pour en savoir plus sur le projet MERCI.     Les SfN sont donc un outil permettant la synergie entre les enjeux liés aux changements climatiques, à la lutte contre l’érosion de la biodiversité et l’atteinte des objectifs de développement durable. Étant donné les incertitudes concernant les impacts des changements climatiques, miser sur les solutions fondées sur la nature est donc un levier optimal pour renforcer « les capacités de résilience des écosystèmes face à un environnement changeant ».

Lire la Note de SUD n°33 de septembre 2021

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