Projet DIABE | Développement Intégré, Aménagement et Bois-Energie

Programme Environnement & Développement

Nos projets environnement et développement

Projet DIABE | Développement Intégré, Aménagement et Bois-Energie

Contexte

Madagascar est l’un des pays les plus touchés par la déforestation, alors même qu’il dispose d’une biodiversité exceptionnelle. Figurant parmi les nations à faible développement humain (au 162ème rang de l’IDH en 2019), Madagascar compte une large part de sa population vivant dans l’extrême pauvreté, particulièrement en milieu rural, dans un contexte marqué par la malnutrition et des inégalités persistantes affectant particulièrement les femmes et les enfants.

 

Dans les régions d’intervention de ce projet, notamment dans la région Itasy, les modes de production et de consommation en bois énergie se traduisent par une exploitation croissante des ressources naturelles, affectant ainsi le climat, la diversité biologique, les équilibres naturels et la vie quotidienne des populations. Planète Urgence intervient pour la protection de la biodiversité et la lutte contre la pauvreté.

 

 

Le projet DIABE s’inscrit dans un contexte local marqué par une diversité alimentaire réduite ou limitée, une tendance des communautés à sous-cuire les repas (qui augmente le risque de maladies d’origine alimentaire), à sauter des repas (pouvant conduire à la malnutrition, en particulier chez les enfants) et à recourir à des aliments insuffisamment nutritifs et à des temps de cuisson trop courts.

 

En effet, une grande partie des ménages situés sur l’aire d’intervention utilise des combustibles ligneux*, dans des foyers de cuisson traditionnels présentant une faible efficacité énergétique, malgré un équipement progressif en foyers améliorés. On estime globalement qu’environ 23% des ménages malgaches achètent du bois ou charbon de bois contre 77 % qui ramassent du bois à titre gratuit (Etc Terra Rongead, 2018).

 

 

Pour lutter contre ces difficultés, la disponibilité et l’accès accrus au charbon vert (produit selon des techniques améliorées de carbonisation dites TAC), aux foyers améliorés et à la sensibilisation nutritionnelle par les ménages bénéficiaires dans la zone favoriseront la consommation d’aliments de meilleure qualité, en quantité et de meilleure valeur nutritionnelle. Cela permettra également de réduire la pression directe sur les ressources naturelles, fragilisées par une forte déforestation.

 

D’une part, l’augmentation de la disponibilité en bois-énergie et la diffusion d’alternatives à rendement amélioré permettra de générer des économies en temps passé à collecter le bois (parfois jusqu’à plusieurs heures par jour en parcourant des distances qui tendent à s’allonger).

 

D’autre part, l’utilisation de foyers améliorés au lieu de foyers traditionnels peu efficaces peut permettre de réduire significativement la quantité de bois ou de charbon utilisée pour la cuisson (environ 30% de charbon en moins par exemple pour les foyers améliorés développés dans le cadre du projet AFIBERIA, ASA, 2019) et donc de diminuer d’autant les dépenses en combustible (ou le temps passé à la collecte du bois).

 

Cela contribuera également à réduire le temps et la charge de travail des femmes en particulier pour l’approvisionnement en bois-énergie, et générera des économies pour ces ménages.

 

*Bois utilisé directement ou indirectement comme combustible aux fins de la production d’énergie (FAO).

Objectif

Contribuer à l’amélioration durable des revenus et de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des ménages ruraux, acteurs et bénéficiaires de la filière bois-énergie, en particulier les femmes et les enfants, ainsi qu’à la préservation de l’environnement naturel dans la zone périurbaine d’Antananarivo.

Activités

 

Préservation des forêts et de la biodiversité en danger : production de jeunes plants pour de nouvelles plantations à vocation bois-énergie, re-garnissage d’anciennes parcelles et restauration de taillis. Les reboiseurs et reboiseuses seront accompagné(e)s pour la mise en place de nouvelles plantations et l’entretien et/ou le re-garnissage des anciens reboisements. Le projet contribuera ainsi à limiter la déforestation des forêts endémiques naturelles, la perte de la biodiversité et l’impact sur le climat des émissions de carbone associées.

 

 

Promotion du développement local durable : les charbonniers et charbonnières et artisans producteurs de foyers améliorés sont accompagné(e)s dans la production, commercialisation et labellisation de leurs produits. A l’issue des formations, ces personnes seront incitées à se regrouper en associations ou coopératives pour faciliter la mise en commun des ressources (fonds, expériences). La mise en place de points de vente de charbon par ce regroupement sera encouragée, pour une réduction du circuit de commercialisation et une augmentation des marges des charbonniers et charbonnières.

 

 

Sensibilisation à l’environnement : des ateliers de sensibilisation seront organisés dans les communes de reboisement (nouvelles plantations, entretiens d’anciennes parcelles, restauration de taillis, formation des pépiniéristes et reboiseurs et reboiseuses), notamment pour les femmes, dont la présence sera favorisée. La nutrition fera également l’objet d’une thématique dédiée, portant sur l’importance de la diversité alimentaire, d’une bonne cuisson, de ne pas sauter de repas surtout pour les enfants, et de l’ébullition suffisante de l’eau pour éviter les maladies. Les qualités et bienfaits du charbon TAC et des foyers améliorés seront promus auprès des consommateurs ruraux et urbains, notamment grâce à un appui marketing.

 

 

 

Gestion territoriale durable : le processus d’élaboration de Plans de Gestion des Reboisements (PGR) sera engagé dans chaque commune de reboisement. Les charbonniers et les artisans producteurs de foyers améliorés sont structurés et accompagnés pour la production et la commercialisation du charbon TAC (techniques améliorées de carbonisation). L’ensemble des acteurs de la filière bois-énergie (reboiseurs, exploitants forestiers, bénéficiaires finaux / consommateurs) sera mobilisé au sein de plateformes dédiées à la filière bois-énergie (PBE), communales et intercommunales.

Impact attendu

Résultat attendu n°1 : Le potentiel de production en bois-énergie des bassins alimentant la capitale est amélioré et les reboisements sont durablement gérés via des plans de gestion de reboisement (PGR) effectifs.

 

  • 4 500 ha supplémentaires de plantations dont 500 ha de systèmes agroforestiers et 1000 ha de restauration d’anciens taillis. A titre indicatif, cela représente de l’ordre de 6 M d’arbres plantés, dont 1,3 M pour la zone géographique sous la responsabilité de Planète Urgence
  • 60 pépiniéristes et 6 000 reboiseurs et reboiseuses formé(e)s
  • 19 500 ha de déforestation potentiellement évitée dans les zones d’intervention (en hectares estimés de forêts naturelles)

 

Résultat attendu n°2 : Les techniques améliorées de carbonisation et les foyers améliorés adaptés aux différentes catégories de ménages et de professionnels sont développés et diffusés largement.

 

  • 10 000 ménages ruraux et 40 000 ménages urbains supplémentaires bénéficiant d’un accès au charbon amélioré (TAC) et aux foyers économes dans les 3 régions d’intervention (Itasy, Analamanga, Alaotra-Mangoro)
  • 300 professionnel(le)s de la restauration (gargotes, cantines, etc.) supplémentaires bénéficiant d’un accès aux foyers améliorés (FA) dans la zone d’intervention
  • Réduction de la part des dépenses des ménages destinée aux besoins en bois-énergie (objectif de passer de 11% à 8%)
  • Réduction espérée de 30% de la proportion de femmes et enfants bénéficiaires dont le score de diversité alimentaire est « pauvre »

 

Une étude menée dans le cadre de l’action visera notamment à mieux démontrer que l’utilisation de charbon TAC (issu des techniques améliorées de carbonisation) et/ou de foyers améliorés permet de réduire les émissions de gaz toxiques et donc les risques de maladies respiratoires. La démarche du projet s’appuiera sur la formation, l’accompagnement et la structuration des acteurs, l’appui à la commercialisation et à la labellisation du charbon vert et des foyers améliorés, en relation avec les administrations et les collectivités territoriales décentralisées.

Les actions de sensibilisation à l’endroit du grand public sur les avantages nutritionnels, économiques et écologiques du charbon « vert » seront renforcées.  La sensibilisation visera à favoriser l’appropriation et l’acceptation des solutions de cuisson modernes et à réduire la consommation d’énergie via des stratégies de changement social et comportement portant sur des pratiques plus saines et plus efficaces sur le plan énergétique.

 

 

Résultat attendu n°3 : Les producteurs/trices sont mieux structurés, leurs capacités renforcées, leurs produits labellisés et leur intégration à des circuits courts de commercialisation est contractualisée.

 

  • Structuration accrue des producteurs et productrices (coopératives, unions, fédérations, plateformes des acteurs de la chaîne de valeur bois-énergie mises en place), renforcement de leurs capacités (techniques améliorées de reboisement et de carbonisation, contrôle qualité, négociation, marketing, gestion), labellisation de leurs produits (charbon vert et foyers économes) et contractualisation de leur intégration à des circuits courts de commercialisation
  • 2 500 producteurs et productrices bénéficiaires d’ici 4 ans
  • 19,6 milliards d’Ariary (près de 5 M €), sur la durée du projet, de bénéfice supplémentaire potentiel dégagé par les acteurs et actrices de la filière bois-énergie (pépiniéristes, reboiseurs, charbonniers, artisans producteurs de foyers améliorés, revendeurs de charbon TAC/FA)

 

Le projet contribuera à assurer la viabilité économique des ateliers de production de foyers améliorés, et à favoriser dans la durée un prix de marché « juste » à même d’assurer la pérennité de l’amélioration de l’efficacité de la filière (les modèles de foyers améliorés diffusés restant à un coût raisonnable et rapidement rentabilisé grâce au meilleur rendement énergétique et aux économies générées en combustible).

 

Les revenus des groupes cibles (pépiniéristes, charbonniers, artisans producteurs de foyers améliorés, revendeurs de charbon et/ou de foyers améliorés) seront améliorés durablement par l’augmentation quantitative et qualitative de leur production, justifiant un prix de vente plus élevé le long de la chaîne de valeur bois-énergie.

 

 

L’adoption de foyers améliorés par les ménages bénéficiaires améliorera l’alimentation et la nutrition des bénéficiaires et notamment des personnes les plus vulnérables via plusieurs chemins d’impact tels que la réduction de la surcharge de travail des femmes/mères et les gains de temps destiné aux pratiques de soins en matière d’alimentation des nourrissons et jeunes enfants (ANJE), les économies en achat de combustible, et une meilleure qualité, quantité et valeur nutritionnelle des aliments.

 

 

Résultat attendu n°4 : Les plateformes bois-énergie (PBE), regroupant l’administration, les autorités locales et l’ensemble des acteurs de la filière bois-énergie dans les communes d’intervention sont opérationnelles.

 

 

L’action des PBE contribuera à pallier l’insuffisance d’officiers de police judiciaire et d’agents de l’administration forestière pour assurer pleinement le respect et l’application des textes sur l’exploitation durable des ressources forestières, en particulier de bois-énergie. Plus globalement, le projet participera à structurer les communautés locales (PBE, associations, coopératives) pour gérer efficacement ces ressources, et à optimiser les revenus des producteurs, actuellement désavantagés dans leur rapport de force avec les intermédiaires et autres opérateurs économiques.

 

 

 

Globalement, ce projet contribuera à des systèmes forestiers plus résilients aux changements climatiques. La diminution des besoins en bois-énergie combinée à la gestion plus durable des plantations réduira la pression sur les forêts naturelles. Leur préservation accrue conservera leur potentiel de séquestration de carbone, d’adaptation et de biodiversité.

 

 

 

Ce projet est cohérent avec la vision du Plan National de Développement Durable (PND) de « bâtir un nouveau Madagascar, […] leader mondial de la valorisation et de la préservation de son immense capital naturel en se basant sur une croissance forte et inclusive au service du développement équitable et durable de tous les territoires ».

 

Dans le cadre du Programme d’Appui au Financement de l’Agriculture et aux Filières Inclusives dans le Centre de Madagascar (AFAFI Centre) porté par Madagascar avec l’appui de l’UE, cette initiative fait suite au programme ASA (programme d’Appui à l’Agrosylviculture autour d’Antananarivo), qui était notamment constitué des 3 projets ARINA (porté par CIRAD avec PARTAGE), ADIAFO (porté par AIM) et AFIBERIA (porté par Planète Urgence) de 2015 à 2019. Les 4 partenaires ont uni leurs forces pour ce nouveau projet DIABE d’un budget de 3,68 M € financé à 95% par l’Union Européenne (3,5 M €). Les partenaires doivent donc mobiliser au moins 184 000 € en cofinancement pour les 5% restants.

 

 

 

 

Les partenaires intégrés dans ce projet DIABE :

 

 

Union Européenne, partenaire technique et financier principal, finançant le projet à hauteur de 95% dans le cadre du 11ème Fonds Européen de Développement (FED)

 

 

 

 

 

 

 

République de Madagascar, administration contractante et porteuse du projet à travers le Bureau d’Appui à la Coopération Extérieure (BACE) du Ministère de l’Économie et des Finances

 

 

 

 

 

AIM, Association malgache Action Intercoopération Madagascar, partenaire de mise en œuvre

 

 

 

 

 

 

PARTAGE, Association malgache Participation à la Gestion de l’Environnement, partenaire de mise en œuvre

 

 

 

 

 

CIRAD – Centre de Coopération Internationale de Recherche Agronomique pour le Développement, partenaire de mise en œuvre

 

 

 

Cet article en ligne relève de la seule responsabilité de Planète Urgence et ne reflète pas nécessairement l’opinion de l’Union Européenne.

ODD


Objectif de Développement Durable 13 ODD

Objectif de Développement Durable 15 ODD

 

 

Planter des arbres

Résumé du projet

Madagascar, 9 districts des régions Analamanga, Itasy et Alaotra-Mangoro

Début du projet : Novembre 2020


Objectif de 6 000 000 arbres plantés

6 060 bénéficiaires directs

50 000 bénéficiaires indirects

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Objectif de Développement Durable 13 ODD

Objectif de Développement Durable 15 ODD