Lutte contre la déforestation
et le changement climatique
un engagement étroitement lié
La lutte contre la déforestation consiste à préserver ou restaurer les forêts afin de protéger la biodiversité et de réduire les émissions de gaz à effet de serre. C’est un levier incontournable dans la lutte contre le changement climatique, car les deux enjeux sont indissociables.
La déforestation est responsable d’environ 11 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GIEC). Chaque année, des millions d’hectares disparaissent, entraînant la libération de carbone stocké, la modification du cycle de l’eau et une perte de la biodiversité qui affaiblit la résilience de nos écosystèmes. Face à l’urgence climatique, protéger et restaurer les forêts tropicales est devenu un
impératif collectif.
Les forêts, piliers du climat mondial
Rôle dans le stockage du carbone
Les forêts sont de puissants puits de carbone : elles captent et stockent le CO₂ présent dans l’atmosphère.
- Les forêts tropicales absorbent jusqu’à 1,8 gigatonne de CO₂ par an (soit environ l’équivalent des émissions annuelles de la Russie en 2017).
- À elles seules, elles stockent sept fois plus de carbone que l’humanité en émet chaque année.
Détruire une forêt, c’est donc relâcher en quelques jours le carbone accumulé pendant des siècles.
Influence sur le cycle de l’eau et les précipitations
Les forêts régulent l’humidité et les pluies grâce à l’évapotranspiration. En Amazonie, par exemple, ce phénomène crée les « rivières volantes » : d’immenses masses d’air humide transportées par les vents qui influencent les régimes de pluie jusqu’en Argentine. Quand la forêt disparaît, ces flux s’interrompent, entraînant sécheresses, perte de rendements agricoles et risques accrus d’incendies.
Préservation de la biodiversité pour la résilience climatique
Près de 80 % de la biodiversité terrestre vit dans les forêts. Cette diversité génétique constitue un atout majeur face aux changements climatiques : plus un écosystème est riche, plus il a de chances de s’adapter aux variations. Préserver cette biodiversité, c’est renforcer la capacité de la planète à absorber les chocs climatiques.
Comment la destruction des forêts accélère le dérèglement climatique ?
La déforestation provoque :
- la libération massive de CO₂ lors des coupes et brûlis ;
- la perte de services écosystémiques (régulation de l’eau, fertilité des sols, pollinisation) ;
- un effet boule de neige :
- déforestation
- sécheresse accrue
- feux plus fréquents
- émissions de carbone supplémentaires
Les leviers d’action pour lutter contre la déforestation et le changement climatique
Protection des forêts existantes
La première urgence est de préserver les massifs encore intacts, car une forêt primaire détruite ne peut être recréée à l’identique. La mise en place d’aires protégées, appuyée par une gouvernance locale solide, constitue un pilier de la lutte environnementale.
Mais protéger une forêt ne se résume pas à tracer des frontières : il faut aussi accompagner les populations voisines pour qu’elles aient intérêt à la conserver. En intégrant les communautés dans la gestion, en sécurisant leurs droits fonciers et en développant des alternatives économiques, la protection devient socialement acceptable et écologiquement durable.
Restauration des écosystèmes dégradés
Là où la forêt a déjà reculé, la restauration écologique est indispensable. Il ne s’agit pas seulement de planter des arbres, mais de recréer un paysage vivant, avec des espèces locales adaptées au climat et au sol.
Cette approche, appelée Restauration des paysages forestiers (RPF), permet de restaurer des fonctions écologiques entières : séquestration de carbone, régulation de l’eau, habitats pour la biodiversité.
Dans certaines régions, comme Madagascar ou l’Indonésie, cette restauration prend la forme de replantations de mangroves, qui protègent les côtes contre l’érosion tout en stockant d’importantes quantités de carbone.
Soutenir les moyens de subsistance durables
La pression sur les forêts vient souvent de la pauvreté des populations locales, qui dépendent de la coupe de bois ou de cultures itinérantes pour survivre. Proposer des modes de vie alternatifs et viables est donc central.
L’agroforesterie, par exemple, associe arbres et cultures vivrières, améliorant la fertilité des sols tout en générant des revenus. D’autres filières, comme celle du bois énergie, permettent de diversifier les ressources. C’est en offrant des perspectives économiques respectueuses de l’environnement que l’on réduit durablement la déforestation
Mobilisation internationale et partenariats
La déforestation est un phénomène globalisé. Les réponses doivent donc dépasser les frontières. La France a adopté une Stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée (SNDI), qui vise à réduire l’empreinte de ses importations d’ici 2030.
Au niveau mondial, des plateformes scientifiques et citoyennes comme CIFOR-ICRAF ou Global Forest Watch fournissent des données précieuses pour orienter les politiques publiques. Enfin, les alliances internationales, comme l’Alliance pour la préservation des forêts tropicales, rassemblent pays producteurs et consommateurs pour bâtir des chaînes d’approvisionnement plus responsables.
Sensibilisation et mobilisation des citoyens
Enfin, aucune stratégie de lutte contre la déforestation et le changement climatique n’est complète sans une action de sensibilisation. Informer les populations locales, former les enseignants et impliquer les jeunes générations est indispensable pour créer une nouvelle culture de la forêt.
Mais la sensibilisation concerne aussi les consommateurs et les entreprises : chacun, par ses choix de consommation et ses partenariats, influence directement la survie des forêts tropicales.
Comment chacun peut agir ?
Une approche territoriale et intégrée
Planète Urgence déploie ses actions dans des zones où convergent trois priorités : une déforestation avérée ou imminente, une biodiversité exceptionnelle et des communautés fortement vulnérables face au changement climatique. Cette approche, ancrée dans les territoires, permet de répondre simultanément aux urgences environnementales et sociales.

Concrètement, nos projets reposent sur une combinaison équilibrée de trois
dimensions :
-
Préserver les forêts et les écosystèmes
menacés en renforçant les dispositifs de conservation existants ;
-
Restaurer les paysages dégradés
grâce à des programmes de reboisement, de protection des sols et de régénération naturelle ;
-
Soutenir le développement local
en favorisant des activités économiques durables (agroforesterie, filières responsables, alternatives à la surexploitation des ressources).
Chaque projet est conçu en co construction avec les acteurs locaux, afin de garantir sa pertinence et sa pérennité. Cette méthode s’inscrit dans les principes de non-substitution (ne pas remplacer des acteurs existants), de nonconcurrence (ne pas fragiliser l’économie locale) et de pérennité (favoriser l’autonomie des bénéficiaires).
Exemples d’actions
La compétition pour les terres cultivables ou les ressources minières provoque des déplacements de populations et alimente des conflits liés à l’accaparement des terres.

RESTAURATION DES MANGROVES
Au Cameroun, à Madagascar et en Indonésie, nos
équipes travaillent avec les communautés pour
replanter et protéger ces écosystèmes côtiers. Les
mangroves absorbent jusqu’à cinq fois plus de
carbone qu’une forêt terrestre et constituent une
barrière naturelle contre les tempêtes et l’érosion,
tout en soutenant les activités de pêche locales.

AGROFORESTERIE
Au Bénin et à Madagascar, nous accompagnons les paysans dans la mise en place de cultures sous couvert arboré (cacao, vanille, cultures vivrières). Au Pérou, le projet CUISCAF appuie des coopératives de caféiers dans le développement du café d’ombre, qui améliore la qualité du produit tout en préservant les forêts andines.

SENSIBILISATION ENVIRONNEMENTALE
Avec le programme Planète Éducation, nous intervenons dans les écoles et les communautés locales pour transmettre les connaissances nécessaires à la protection de l’environnement.
Chaque année, plusieurs milliers d’élèves participent à des ateliers sur la biodiversité, la gestion durable des ressources et l’adaptation au changement climatique
La stratégie de Planète Urgence face à ces enjeux
Entreprises et mécénat environnemental
Les entreprises peuvent s’engager dans une démarche de mécénat environnemental. Ce soutien peut prendre plusieurs formes : un mécénat financier, qui contribue directement au financement de projets de préservation et de restauration des forêts, ou un Congé Solidaire®, qui permet à leurs collaborateurs de partir en mission de volontariat auprès de partenaires locaux pour mettre leurs compétences au service de projets à impact social et environnemental.
Soutenir Planète Urgence permet aux entreprises de renforcer leur politique RSE et de donner un sens concret à leurs engagements climatiques.
Citoyens et engagement individuel
À l’échelle individuelle, chacun peut aussi contribuer à la lutte environnementale. Adopter une consommation plus responsable est une première étape : limiter l’achat de produits issus de la déforestation (huile de palme non certifiée, soja importé, bœuf provenant de zones déforestées) permet de réduire la pression sur les forêts tropicales.
Mais l’action ne s’arrête pas là. En choisissant de soutenir une association comme Planète Urgence via des dons, ponctuels ou réguliers, vous assurez la continuité des actions de sensibilisation, de restauration et de développement local menées dans les pays les plus vulnérables.
Pour celles et ceux qui souhaitent aller plus loin, il est également possible de s’engager en tant que volontaire par le biais de missions de courte durée comme le Congé Solidaire®, de missions longues, ou même de volontariat à distance.