Programme Environnement & Développement

Projet DIABE | Développement Intégré, Aménagement et Bois-Energie

Dans le cadre du Programme d’Appui au Financement de l’Agriculture et aux Filières Inclusives dans le Centre de Madagascar (AFAFI Centre) porté par Madagascar avec l’appui de l’UE.

Projet DIABE | Développement Intégré, Aménagement et Bois-Energie

Contexte

L’immense majorité des habitant(e)s de l’aire d’intervention du présent projet utilise des combustibles ligneux* (96,6% en milieu urbain et 99,6% en milieu rural en région Analamanga, SRABE, 2019). Les dépenses consacrées aux besoins énergétiques de cuisson représentent souvent une part significative du budget des ménages. Une grande partie des ménages utilise encore des foyers de cuisson traditionnels présentant une faible efficacité énergétique, malgré un équipement progressif en foyers améliorés. On estime globalement qu’environ 23% des ménages malgaches achètent du bois ou charbon de bois contre 77 % qui ramassent du bois à titre gratuit (Etc Terra Rongead, 2018).  

 

Dans un contexte marqué par une diversité alimentaire réduite ou limitée, une tendance à sous-cuire les repas (qui augmente le risque de maladies d’origine alimentaire), à sauter des repas (pouvant conduire à la malnutrition, en particulier chez les enfants) et à recourir à des aliments insuffisamment nutritifs et à des temps de cuisson trop courts, la disponibilité et l’accès accrus au charbon vert (produit selon des techniques améliorées de carbonisation dites TAC), aux foyers améliorés et à la sensibilisation nutritionnelle par les ménages bénéficiaires dans la zone favoriseront la consommation d’aliments de meilleure qualité, en quantité et de meilleure valeur nutritionnelle.  

 

L’augmentation de la disponibilité en bois-énergie et la diffusion d’alternatives à rendement amélioré est donc de nature à générer, d’une part, des économies en temps passé à collecter le bois (parfois jusqu’à plusieurs heures par jour en parcourant des distances qui tendent à s’allonger).

D’autre part, l’utilisation de foyers améliorés au lieu de foyers traditionnels peu efficaces peut permettre de réduire significativement la quantité de bois ou de charbon utilisée pour la cuisson (environ 30% de charbon en moins par exemple pour les foyers améliorés développés dans le cadre du projet AFIBERIA, ASA, 2019) et donc de diminuer d’autant les dépenses en combustible (ou le temps passé à la collecte du bois).

Cela contribuera également à réduire le temps et la charge de travail des femmes en particulier pour l’approvisionnement en bois-énergie, et générera des économies pour ces ménages. 

 

*Bois utilisé directement ou indirectement comme combustible aux fins de la production d’énergie 

Objectif

Contribuer à l’amélioration durable des revenus et de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des ménages ruraux, acteurs et bénéficiaires de la filière bois-énergie, en particulier les femmes et les enfants, ainsi qu’à la préservation de l’environnement naturel dans la zone périurbaine d’Antananarivo.

Activités

Quatre axes principaux :

 

Environnement Planète UrgencePréservation des forêts et de la biodiversité en danger : production de jeunes plants pour de nouvelles plantations à vocation bois-énergie, regarnissage danciennes parcelles et restauration de taillis. Les reboiseurs et reboiseuses seront accompagné(e)s pour la mise en place de nouvelles plantations et l’entretien et/ou le regarnissage des anciens reboisements. Chaque année, des ateliers bilans et de planification seront organisés par commune pour comparer les réalisations aux objectifs fixés. Le projet contribuera ainsi à limiter la déforestation des forêts endémiques naturelles, la perte de la biodiversité et l’impact sur le climat des émissions de carbone associées. 

 

Développement économique Planète UrgencePromotion du développement local durable : les charbonniers et charbonnières et artisans producteurs de foyers améliorés sont accompagné(e)s dans la production, commercialisation et labellisation de leurs produits. A l’issue des formations, ces personnes seront incitées à se regrouper en associations ou coopératives pour faciliter la mise en commun des ressources (fonds, expériences). La mise en place de points de vente de charbon par ce regroupement sera encouragée, pour une réduction du circuit de commercialisation et une augmentation des marges des charbonniers et charbonnières. Les actions de marketing et de promotion seront également soutenues. 

 

Sensibilisation à l'environnement Planète UrgenceSensibilisation à l’environnement : ateliers de sensibilisation dans les communes de reboisement où les objectifs attendus sont présentés et les acteurs sensibilisés à l’intérêt des activités (nouvelles plantations, entretiens d’anciennes parcelles, restauration de taillis, formation des pépiniéristes et reboiseurs et reboiseuses). La participation des femmes à ces ateliers sera favorisée et des agents locaux du projet seront également identifiés durant ces sessions. 

 

Appui gestion durable Planète UrgenceGestion territoriale durable : le processus d’élaboration de Plans de Gestion des Reboisements (PGR) sera engagé dans chaque commune de reboisement. Les charbonniers et les artisans producteurs de foyers améliorés sont structurés et accompagnés pour la production et la commercialisation du charbon TAC. Le réseautage et la mise en relation de ces acteurs seront renforcés. L’ensemble des acteurs de la filière bois-énergie (reboiseurs, exploitants forestiers, bénéficiaires finaux / consommateurs) sera mobilisé au sein de plateformes dédiées à la filière bois-énergie (PBE), communales et intercommunales. Ces PBE, intégrant les autorités communales et les cantonnements de l’environnement et du développement durable (CEDD), définiront les modalités de contrôle forestier décentralisé (CFD) local (communal et intercommunal), en cohérence avec le CFD régional.  

Impact attendu

 Résultat attendu n°1 : Le potentiel de production en bois-énergie des bassins alimentant la capitale est amélioré et les reboisements sont durablement gérés via des plans de gestion de reboisement (PGR) effectifs. 

  • 4 500 ha supplémentaires de plantations dont 500 ha de systèmes agroforestiers et 1000 ha de restauration d’anciens taillis. A titre indicatif, cela représente de l’ordre de 6 M d’arbres plantés, dont 1,3 M pour la zone géographique sous la responsabilité de PU. 
  • 60 pépiniéristes et 6 000 reboiseurs et reboiseuses formé(e)s 
  • 19 500 ha de déforestation potentiellement évitée dans les zones d’intervention (en hectares estimés de forêts naturelles) 

 

 Résultat attendu n°2 : Les techniques améliorées de carbonisation et les foyers améliorés adaptés aux différentes catégories de ménages et de professionnels sont développés et diffusées largement 

  • 10 000 ménages ruraux et 40 000 ménages urbains supplémentaires bénéficiant d’un accès au charbon amélioré (TAC) et aux foyers économes dans les 3 régions d’intervention (Itasy, Analamanga, Alaotra-Mangoro) 
  • 300 professionnel(le)s de la restauration (gargotes, cantines, etc.) supplémentaires bénéficiant d’un accès aux foyers améliorés (FA) dans la zone d’intervention 
  • Réduction de la part des dépenses des ménages destinée aux besoins en bois-énergie (on espère passer de 11% à 8%) 
  • Réduction espérée de 30% de la proportion de femmes et enfants bénéficiaires dont le score de diversité alimentaire est “pauvre” 

 

Une étude menée dans le cadre de l’action visera notamment à mieux démontrer que l’utilisation de charbon TAC et/ou de FA permet de réduire les émissions de gaz toxiques et donc les risques de maladies respiratoires. La démarche du projet s’appuiera sur la formation, l’accompagnement et la structuration des acteurs, l’appui à la commercialisation et à la labellisation du charbon vert et des FA, en relation avec les administrations et les collectivités territoriales décentralisées. 

Les actions de sensibilisation à l’endroit du grand public sur les avantages nutritionnels, économiques et écologiques du charbon « vert » seront renforcées.  La sensibilisation visera à favoriser l’appropriation et l’acceptation des solutions de cuisson modernes et à réduire la consommation d’énergie via des stratégies de changement social et comportement portant sur des pratiques plus saines et plus efficaces sur le plan énergétique. 

 

 Résultat attendu n°3 : Les producteurs et productrices sont mieux structurés, leurs capacités sont renforcées, leurs produits sont labellisés et leur intégration à des circuits courts de commercialisation est contractualisée 

  • Structuration accrue des producteurs et productrices (coopératives, unions, fédérations, plateformes des acteurs de la chaîne de valeur bois-énergie mises en place), renforcement de leurs capacités (techniques améliorées de reboisement et de carbonisation, contrôle qualité, négociation, marketing, gestion), labellisation de leurs produits (charbon vert et foyers économes) et contractualisation de leur intégration à des circuits courts de commercialisation 
  • 2 500 producteurs et productrices bénéficiaires d’ici 4 ans 
  • 19,6 milliards d’Ariary (près de 5 M €), sur la durée du projet, de bénéfice supplémentaire potentiel dégagé par les acteurs et actrices de la filière bois-énergie (pépiniéristes, reboiseurs, charbonniers, artisans producteurs de foyers améliorés, revendeurs de charbon TAC/FA) 

Le projet contribuera à assurer la viabilité économique des ateliers de production de FA, et à favoriser dans la durée un prix de marché « juste » à même d’assurer la pérennité de l’amélioration de l’efficacité de la filière, les modèles de FA qui seront diffusés restant à un coût raisonnable et rapidement rentabilisé grâce au meilleur rendement énergétique des FA et du charbon TAC et aux économies générées en combustible. 

 

Les revenus des groupes cibles (pépiniéristes, charbonniers, artisans producteurs de FA, revendeurs de charbon et/ou de FA, et à terme reboiseurs) seront améliorés durablement par l’augmentation quantitative et qualitative de leur production, justifiant un prix de vente plus élevé le long de la chaîne de valeur bois-énergie. L’adoption de foyers améliorés par les ménages bénéficiaires améliorera l’alimentation et la nutrition des bénéficiaires et notamment des personnes les plus vulnérables via plusieurs chemins d’impact tels que la réduction de la surcharge de travail des femmes/mères et les gains de temps destiné aux pratiques de soins en matière d’alimentation des nourrissons et jeunes enfants (ANJE), les économies en achat de combustible, et une meilleure qualité, quantité et valeur nutritionnelle des aliments. 

 

 Résultat attendu n°4 : Les plateformes bois-énergie (PBE, regroupant l’administration, les autorités locales et l’ensemble des acteurs de la filière BE dans les communes d’intervention) sont opérationnelles, avec un budget et permettent d’assurer l’analyse et le suivi permanent de la chaîne de valeur bois-énergie ainsi qu’un contrôle forestier décentralisé local 

L’action des PBE contribuera à pallier l’insuffisance d’officiers de police judiciaire et d’agents de l’administration forestière pour assurer pleinement le respect et l’application des textes sur l’exploitation durable des ressources forestières, en particulier de bois-énergie. Plus globalement, le projet participera à structurer les communautés locales (PBE, associations, coopératives) pour gérer efficacement ces ressources, et à optimiser les revenus des producteurs, actuellement désavantagés dans leur rapport de force avec les intermédiaires et autres opérateurs économiques. 

 

 

Globalement, ce projet contribuera également à la sécurisation alimentaire et nutritionnelle durable des ménages ruraux par l’augmentation des ressources locales en bois-énergie, l’introduction de cultures vivrières ainsi que la promotion de l’apiculture. L’action contribuera à des systèmes forestiers plus résilients aux changements climatiques. La diminution des besoins en bois-énergie combinée à la gestion plus durable des plantations réduira la pression sur les forêts naturelles. Leur préservation accrue conservera leur potentiel de séquestration de carbone, d’adaptation et de biodiversité. 

 

Les impacts environnementaux négatifs seront minimisés par des pratiques innovantes comme le recyclage/réutilisation des sacs pépinière, l’usage de produits phytosanitaires biologiques et la réduction des émissions de gaz toxiques lors de la production du charbon et de sa combustion dans les foyers améliorés. Le reboisement augmentera la séquestration de carbone dans les sols/litières/arbres par une meilleure croissance des plantations et la biodiversité aérienne et souterraine via le mélange d’espèces. 

 

Ce projet est cohérent avec la vision du Plan National de Développement Durable (PND) de « bâtir un nouveau Madagascar, […] leader mondial de la valorisation et de la préservation de son immense capital naturel en se basant sur une croissance forte et inclusive au service du développement équitable et durable de tous les territoires ». 

Cette initiative fait suite au programme ASA (programme d’Appui à l’Agrosylviculture autour d’Antananarivo), qui était notamment constitué des 3 projets ARINA (porté par CIRAD avec PARTAGE), ADIAFO (porté par AIM) et AFIBERIA (porté par Planète Urgence) de 2015 à 2019. Les 4 partenaires ont uni leurs forces pour ce nouveau projet DIABE d’un budget de 3,68 M € financé à 95% par l’Union Européenne (3,5 M €), avec donc 5% à cofinancer par chaque partenaire. 

 

Le projet DIABE possède son propre site web ! Si vous souhaitez avoir plus de détails sur le projet, son avancée ou encore les différents volets d’intervention de celui-ci, rendez-vous sur http://www.diabe.mg/.

 

Partenaires institutionnels, techniques et financiers

ODD


Le projet DIABE contribue, à son échelle, à l’atteinte des Objectifs de Développement Durable (ODD) suivants :

Objectif de Développement Durable Planète Urgence Objectif Développement Durable Planète Urgence Objectif de Développement Durable Planète Urgence Objectif de Développement Durable Planète Urgence Objectif de Développement Durable Planète Urgence

Résumé du projet

Madagascar, 79 communes de 9 districts des régions Analamanga, Itasy et Alaotra-Mangoro
Début du projet : Novembre 2020
6000000 arbres plantés
6060 bénéficiaires directs
50000 bénéficiaires indirects
ODD

Le projet DIABE contribue, à son échelle, à l’atteinte des Objectifs de Développement Durable (ODD) suivants :

Objectif de Développement Durable Planète Urgence Objectif Développement Durable Planète Urgence Objectif de Développement Durable Planète Urgence Objectif de Développement Durable Planète Urgence Objectif de Développement Durable Planète Urgence