Formation à l’élaboration des outils de sensibilisation environnementale

MISSION E-VOLONTARIAT
(Disponible uniquement à distance)

Former les membres de l’ACBM à l’élaboration des outils de sensibilisation pour la gestion des ressources naturelles autour de la ville de Kribi.

Objectifs

La zone de Kribi est fréquentée par un grand nombre d'espèces menacées comme le dauphin à bosse de l’Atlantique (Sousa teuszii). Par ailleurs ce site est le corridor de passage des baleines à bosse (Megaptera novaeangliae) et du cachalot (Physeter macrocephalus) lors de leurs migrations en période d’hiver arctique.
Une forte population des requins et des raies existent ici mais fait l’objet d’une pêche illégale pour leurs ailerons et viscères animant un réseau international d’utilisation de ces ressources. On y retrouve aussi 4 espèces de tortues marines : tortue luth et tortue olivâtre pour des raisons de nidification, tortue verte et tortue imbriquée pour des raisons d’alimentation et de croissance au niveau des herbiers sous-marins.
On y trouve aussi le lamantin d’Afrique.

La zone connait une forte activité de pêche artisanale et semi industrielle menée par les populations locales. Toutes ces espèces subissent d’importantes pressions anthropiques comme le braconnage et l’exploitation de la viande de brousse d’origine aquatique, la pêche illégale et non réglementaire avec des prises accidentelles de certaines espèces protégées dans les filets de pêche, la dégradation des habitats par la déforestation due aux agro-industries, l’exploitation forestière et la coupe du bois de chauffe et les pollutions générées par l’exploitation pétrolière.
La proximité avec Kribi, une agglomération en pleine expansion, entraine une croissance des perturbations anthropiques.
Les ressources naturelles et la biodiversité semblent être affectées par les activités humaines et il semble nécessaire d’accompagner la réelle implication des riverains aux activités de conservation à travers des actions sur la gouvernance territoriale. Pour satisfaire les besoins des populations locales tout en contribuant à la gestion durable de la biodiversité et des ressources naturelles de cette zone, il semble nécessaire de chercher à mieux promouvoir une gestion participative et communautaire de cet écosystème.
L’exploitation forestière et la coupe du bois de chauffe surtout des palétuviers pour le fumage du poisson constituent également un problème, tout comme l’urbanisation galopante dans la zone. On observe également une pression des agro-industries de l’hévéa et de palmier à huile. Par ailleurs des pollutions diverses provenant des déchets plastiques des grandes villes, des vieux filets de pêche dans les pêcheries et surtout des déversements de déchets pétroliers issus des plateformes et des eaux de ballast sont également observées.
Malgré ces menaces latentes, la zone reste un important réservoir de biodiversité et constitue une zone de pêche d’importance majeure dans la zone de Kribi.
Les communautés vivant dans la zone d’intervention du projet sont essentiellement des Bakokos, des Bassas, des Mvaé (ethnies originaires du Cameroun), ainsi que des communautés venues de ’Afrique de l’ouest, notamment du Nigeria et du Ghana. Ces communautés vivent essentiellement de la pêche et des activités associées, à la lisière du Parc National de Douala-Edéa de et de la Réserve de Lokoundjé. La zone s’étend essentiellement sur 8 villages pour une population d’environ 5000 âmes.
Le secteur de la pêche artisanale est actuellement en déclin et devient de moins en moins rentable compte tenu de nombreux enjeux dont les conflits avec les chalutiers asiatiques pêchant au large des côtes camerounaises, le non-respect des méthodes de pêche à travers des mailles non règlementées impactant les alevins et le nombre croissant de pêcheurs artisanaux.
Le développement des agro-industries dans la zone à partir de la «Ferme-Suisse» entraine de nombreuses pollutions des cours d’eau environnant avec la perte de la biodiversité ichthyologique responsables de la diminution des captures de pêche. Par ailleurs de nombreux projets de développement d’infrastructures se sont mis en place dans la zone comme un Pipeline dans la zone Mvia au cœur du Parc national de Douala-Edéa le puits de pétrole de la PERENCO et de sa plateforme à Eboudé Mvaé. Cela créé de nombreuses dégradations de l’écosystème marin, entraine la destruction de la biodiversité ichtyologique et impacte de nombreuses ressources halieutiques.
Par ailleurs le principal moyen de conservation du poisson dans cette zone est le fumage de ce dernier. Celui se fait notamment grâce à des fumoirs traditionnels utilisant du bois de mangrove. Selon CWCS, une ONG camerounaise opérant également dans la zone, les quantités prélevées s’élèvent autour de 2500 m3/j entre les mois d’octobre et avril pendant la forte activité de pêche. La réduction du couvert est d’environ 1% de la superficie totale de mangroves par an, au sein d’une zone qui constitue des zone de frayères de nombreuses espèces phares comme les tortues marines, le lamantin ou encore le dauphin à bosse.
Compte tenu de l’enclavement et du marasme économique, le développement des activités alternatives de revenus pour soutenir des femmes, groupes vulnérables ciblés dans la zone permettra à coup sûr de préserver ce réservoir de biodiversité.
L’implication des communautés locales de cette zone dans les activités de conservation pourrait être le moyen efficace de protection des espèces phares et leurs habitats en suivant les principes de bonne gouvernance territoriale.

Développer des outils de communication et de sensibilisation pour une approche participative et communautaire de protection des espèces menacées et leurs habitats autour de Kribi dont les objectifs sont :
-Mieux comprendre l’écologie et l’impact des activités anthropiques sur la biodiversité et les espèces protégées dans la zone d’intervention
-Promouvoir une économie locale plus compatible avec la conservation des ressources naturelles et la protection de la biodiversité
- Améliorer la gouvernance territoriale pour favoriser une appropriation locale des problématiques de gestion durable des ressources naturelles et de conservation de la biodiversité.

Les membres de l’ACBM ne disposent pas de moyens financiers pour engager des experts qui existent localement. Par ailleurs la plupart des experts offrent des formations en présentiel et le contexte du Covid19 limite de telles offres.

Intervention attendue du volontaire

Dans un premier temps, le volontaire fera un diagnostic des besoins en communication et en sensibilisation de l’association ;

Ensuite, le volontaire proposera des outils de sensibilisation pertinents et il donnera à l'association les clés pour réaliser des outils de sensibilisation efficaces ;

Le volontaire permettra à ACBM de mettre en place un calendrier de suivi des actions de sensibilisation.

Remarque(s)

MISSION DE E-VOLONTARIAT

La mission est prévue sur une durée de 7 semaines à raison de 2h par semaine.

Type de bénéficiaires

adultes

Profil des bénéficiaires

Le profil des bénéficiaires est variable et va des non scolarisés au niveau universitaire, l’âge est de 15 ans à 60 ans.

Les membres de l’ACBM sont majoritairement des spécialistes en ressources halieutiques et personne ne dispose de connaissance en communication.

Dispositif(s) possible(s)

Mission digitale

Notre partenaire local

Association Camerounaise pour la promotion de la Biologie Marine

Historique

L’ACBM (Association Camerounaise pour la promotion de la Biologie Marine) est une organisation de la société civile de droit camerounais, apolitique et à but non lucratif.
L’ACBM a été créée en 2007 par un groupe d’amoureux de l’environnement et de l’écologie, constitué de chercheurs, enseignants, étudiants, juristes, agronomes et sociologues.
Depuis de nombreuses années les recherches et les actions de conservation se sont focalisées autour des écosystèmes terrestres, ignorant le milieu aquatique. Ce n’est que depuis les années 80 qu’un accent est mis sur l’environnement côtier et marin. De nombreuses études menées depuis ce temps recommandent la création d’ aires protégées marines mais la difficulté pour la mise en place de ces aires reste l’insuffisance des données scientifiques, de ressources et d’acteurs pour le développement de ce secteur.
C’est dans ce contexte qu’est née l’association ACBM pour contribuer à la conservation, la protection et la gestion durable de la biodiversité en particulier en milieux côtiers et marins.

L’ACBM s’est fixé pour mission de :
- Conserver et protéger toutes espèces animales et végétales menacées à tous les stades de leur vie, ainsi que leurs habitats;
- Vulgariser la connaissance de la biodiversité, plus particulièrement les espèces menacées dans le but de mieux les connaître et mieux les protéger;
- Vulgariser les aspects traditionnels et modernes des relations hommes-espèces protégées ;
- Appuyer l’Etat camerounais et les organismes de conservation nationaux et internationaux concernés pour une meilleure application des législations relatives à la protection de l’environnement, de la faune en particulier, à l’exploitation rationnelle des ressources naturelles par des conventions internationales ;
- Oeuvrer contre toute exploitation illégale, vente et achat des produits dérivés des espèces protégées ;
- Sensibiliser les populations locales à la protection des espèces protégées et leurs habitats, tout en respectant les coutumes villageoises et en proposant des retombées économiques par la valorisation pérenne de leur patrimoine par l’écotourisme.

Le siège de l’association est à Akonolinga, localité située dans la région du Centre à environ 120 Km de Yaoundé.
La zone d’intervention de L’ACBM est la côte camerounaise en particulier le littoral. C’est une zone riche d’une importante biodiversité (faune et flore), parmi lesquels les dauphins et les tortues marines. Ces espèces font malheureusement face à de nombreuses menaces comme des prises accidentelles par des filets de pêche, la dégradation de l’habitat par la déforestation des forêts de mangroves par les pêcheries, l’urbanisation à travers l’expansion des villes comme Kribi avec l’installation du port en eau profonde, l’exploration et l’exploitation pétrolière par la SNH et la PERENCO ainsi que la pollution des différentes industries situées sur le littoral camerounais constitue une des menaces non moins importantes.

Pour ses activités, L’ACBM reçoit du soutien financier, matériel et technique de ses partenaires à l’instar de :
- CMS/UNEP Convention for the Conservation of Migratory Species of Wild Animals et The Colombus Zoo Conservation Fund, Ohio,
- SWOT (The State of the World’s Sea Turtles
- SGP Grant Project/PNUD, 2017 à 2018,
- RASTOMA, bourses des voyages pour des participations à des Symposiums Internationaux

Par ailleurs l'association dispose des partenaires locaux comme des administrations techniques à l’instar du MINEPIA (Ministère des pêches et industries animales), MINFOF (Ministère des Forêts et de la Faune), MINTOUR (Ministère du Tourisme), MINRESI (Ministère de la Recherche Scientifique et de l’Innovation) et le MINSUP (Ministère de l’Enseignement Supérieur), des universités nationales et des centres de recherche nationaux de même que d’autres organisations de la société civile opérant dans la zone.

En 2018, l’organisation entend poursuivre les actions de :
- Suivi des plages de ponte des tortues marines ;
- Caractérisation des pêcheries artisanales et évaluation de l’impact des captures accidentelles sur la faune marines ;
- Développement des fumoirs améliorés pour réduire la coupe du bois de mangrove ;
- Reforestation des forêts de mangroves ;
- Suivi des mammifères marins dauphins et lamantins
- Développement des activités alternatives des revenus comme le fond de roulement pour les femmes, l’élevage des escargots ;
- Education environnementale dans 2 écoles à savoir Finfinda et Ebéa
- Renforcement des capacités par l’encadrement des étudiants de Master’s 2 dans les domaines de la biologie marine pour la rédaction des mémoires de fin d’études.

Matériel disponible sur place

Smartphones et ordinateurs portables

Je postule

Je postule

CM3GD1

Partenaire : Association Camerounaise pour la promotion de la Biologie Marine

C, Kribi

GPS : lat 2.940812
lon 9.909754

Langues :

Francais

Thématique : Environnement

Type d'intervention : Formation pour adultes

Compétences : Communication, Biodiversité

Nombre attendu de volontaire(s) sur la mission : 1

Durée : entre 5 et 10 semaines

Mission disponible toute l'année

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