Publication du Rapport d’Activité 2019

Découvrez l’essentiel de notre activité sur l’année passée à travers l’impact de ses programmes de préservation des forêts et de développement local, ses Éco-Kits Scolaires ainsi que ses actions de volontariat.

Au programme : l’édito de notre Directrice Générale, des extraits condensés de notre rapport d’activité et enfin la possibilité de le lire en entier (voir bas de page).

 


 

« À l’aube de ses 20 ans, Planète Urgence a affiné sa stratégie et l’association s’est structurée pour répondre avec plus de force et de justesse aux enjeux environnementaux et sociaux qui s’annoncent dans les années à venir.

 

2019 a été une année de tension forte pour la Planète et pour les Hommes. À l’urgence sociale, visible en France à travers les gilets jaunes […], s’est ajoutée une urgence environnementale palpable. Les Français(es), tout comme nos partenaires locaux, ont vécu des périodes climatiques extrêmes, nos équipes en Indonésie ont été les témoins des feux ravageurs en zones tropicales, 27% des espèces animales connues sont toujours en risque d’extinction et le monde continue de perdre chaque année plus de 10 millions d’hectares de forêts tropicales, soit de l’ordre de 20% de la surface de la France métropolitaine.

 

C’est dans ce contexte que Planète Urgence, ONG de solidarité internationale qui œuvre au renforcement des femmes et des hommes pour une planète durable et solidaire, a pu soutenir 117 partenaires locaux dans 18 pays, a préservé près de 1 000 hectares de forêts via 6 projets de protection des écosystèmes tout en accompagnant 42 361 bénéficiaires !

 

 

Bonne lecture ! »

 

 

Amandine Hersant,

Directrice Générale de Planète Urgence

 

 

 

 


Extraits du rapport d’activité 2019

 

 

Les chiffres clés 2019

 

En 2019, Planète Urgence a poursuivi ses missions :

  • Préserver les forêts et la biodiversité en danger, grâce à son programme Environnement & Développement et à sa réponse locale et intégrée aux pressions exercées sur les écosystèmes lors de 6 projets en Indonésie, à Madagascar et au Cameroun.
  • Renforcer les acteurs locaux grâce au transfert des compétences des 511 volontaires envoyés sur le terrain auprès de nos partenaires locaux.
  • Améliorer l’environnement scolaire dans 4 pays d’Afrique, grâce à son opération des Éco-kits Scolaires pour ainsi offrir à des milliers d’élèves un meilleur accès à l’apprentissage, combiné à des actions de sensibilisation à l’environnement.

 

 

 

2019 aura également été le signe d’expansion ! 

 

Parmi un bon nombre de bonnes nouvelles, en voici quelques-unes : 

  • Une nouvelle Directrice Générale, Amandine Hersant, est arrivée en juin 2019
  • Une nouvelle Délégation a été ouverte en Équateur pour répondre au plus près aux besoins des partenaires locaux.
  • Nous avons lancé un nouveau projet de reforestation au Cameroun.
  • Alice Modolo, vice-championne du monde d’apnée et passionnée par la nature est devenue notre marraine.

 

 

 

Un impact global aux 4 coins du monde

 

Afrique Australe

 

Madagascar subit une déforestation massive, alors même qu’elle recèle une biodiversité unique et qu’une large part de sa population vit dans l’extrême pauvreté.

 

En 2019, c’est à travers 3 projets qu’E&D est intervenu :

  • TAPIA, dont l’objectif est de réduire la pression humaine sur la forêt de tapia en la restaurant avec les membres des VOI en charge de sa gestion durable, tout en reboisant en parallèle des essences variées pour leurs besoins en bois-énergie. Ce projet vise également à leur assurer des revenus complémentaires en créant des conditions favorisant la production durable de vers à soir sauvage, menacés de disparition et dont le tapia est l’habitat.
  • FANAJARIANA, dont l’objectif est d’appuyer 4 communes des districts d’Arivonimamo, Atsimondrano et Ambohidratrimo afin d’aménager durablement leur disponibilité en bois-énergie tout en préservant l’environnement et en améliorant la résilience de leurs habitant(e)s au changement climatique.
  • AFIBERIA, dont le double-objectif est de contribuer à la lutte contre la pauvreté, réduire la pression humaine sur la forêt en appuyant la structuration des acteurs de la filière bois-énergie.

 

24 partenaires et 39 projets ont été soutenus en 2019 grâce à 127 volontaires de Planète Urgence.

Enfin, 27 établissement scolaires ont été soutenus pour la rentrée scolaire et 5 837 enfants ont reçu un Éco-kit Scolaire, afin de sensibiliser les élèves à la protection de l’environnement !

 

Afrique de l’Ouest et Centrale

 

Le Cameroun fait partie, avec l’Indonésie et Madagascar, des 10 principaux fronts majeurs de déforestation enregistrés en 2018. Cette situation menace la richesse de la biodiversité du pays, les communautés qui en dépendent et la capacité d’atténuation et d’adaptation du pays au changement climatique.

En 2019, Planète Urgence a ouvert le programme E&D au Cameroun à travers la mise en œuvre d’un premier projet pilote : FARE.

 

Le projet FARE a pour objectif de réduire la pression directe (démographie, migrations liées aux conflits transfrontaliers) et indirecte (changement climatique) exercées sur le Parc National de la Bénoué. Le reboisement d’arbres à usages multiples, tel que la plantation d’anacardiers (arbres à noix de cajou), a été identifié comme pouvant contribuer à la préservation de l’environnement de cette zone agroécologique et soutenir l’émergence de filières vertes en faveur du développement local des communautés riveraines du Parc.

 

En 2019, 45 partenaires et 80 projets ont été soutenus par les missions de volontariat.

 

Cette année, ce sont 30 365 Éco-kits Scolaires dans 174 établissements qui ont été distribués pour la rentrée scolaire 2019-2020 au Bénin, Cameroun et Togo.

 

Amérique Latine et Caraïbes

 

Dans cette zone, 26 partenaires et 33 projets ont été soutenus en 2019 par les missions de volontariat de Planète Urgence. Les volontaires sont partis dans 4 pays différents : le Pérou, l’Équateur, la Guadeloupe et le Mexique.

Cela représente un soutien de 84% de nos partenaires actifs dans la région !

 

Asie

 

Planète Urgence agit en Indonésie qui abrite à elle seule 1/4 de la mangrove mondiale : un écosystème côtier source de revenus pour plus d’un million de femmes et d’hommes Indonésiens.

 

C’est à travers 2 projets que Planète Urgence agit :

  • MAHAKAM, dont l’objectif est de restaurer et conserver l’écosystème de la mangrove dans le sud du delta de Mahakam et d’apporter des solutions économiques viables pour lever les pressions sur la mangrove et la sensibilisation à la protection de cette forêt et de sa biodiversité.
  • BONTANG, dont l’objectif est de restaurer la mangrove massivement déforestée à proximité du Parc National du Kutai, abritant une riche biodiversité.

 

En Asie, 22 partenaires et 31 projets ont été soutenus par les missions de volontariat.

 

 

 

Un bilan financier positif

 

En 2019, les activités de Planète Urgence ont en effet permis de dégager un excédent de 96 536€, soit une augmentation de +178% par rapport à l’exercice 2018 !

 

D’où viennent nos ressources ?

  • 73% : Mécénat, partenariat
  • 21% : Collecte, dons de particuliers
  • 5% : Autres ressources
  • 1% : Subventions publiques

 

Grâce à l’amélioration significative de ses fonds, Planète Urgence peut désormais envisager ses activités et leur développement de manière plus sécurisée et pérenne.

À noter cette année, une hausse de la proportion de mécénat d’entreprise, avec 73% de contribution dans les ressources totales ! En 2019, Planète Urgence a reçu le soutien de 170 structures mécènes, dont 23 nouvelles.

 

 

 

 

 

 

L’emploi des ressources reste sensiblement identique à 2018, l’activité prédominante restant le volontariat qui représente 52% des dépenses de l’association.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Planète Urgence, avec l’aide précieuse de nos partenaires, mécènes, bailleurs et donateurs, compte bien garder cette dynamique pour contribuer davantage à rendre ce monde plus durable et solidaire.

 


 

Pour lire notre rapport d’activité 2019 :

 

Pour assurer la continuité du soutien à nos partenaires locaux, Planète Urgence se réinvente

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La crise sanitaire engendrée par l’apparition du COVID19 et de sa propagation aux quatre coins du globe a été particulièrement éprouvante pour organisations de la société civile. Nos partenaires locaux, au premier plan dans la lutte contre les inégalités et la destruction de l’environnement, n’ont pas été épargnés. Alors que les besoins de soutien grandissent, les mesures de restriction des déplacements et la fermeture des frontières rendent impossible l’envoi de volontaires qualifiés sur le terrain. C’est pourquoi Planète Urgence décide de se réinventer à travers un nouveau mode d’engagement.

 

Soucieux de maintenir le lien et dans l’optique d’identifier les besoins et alternatives de soutien possibles malgré l’arrêt des envois de volontaires, nous avons en avril dernier mené une étude sur l’impact de la crise du COVID19 sur nos partenaires locaux.

Parmi les principaux résultats, nous avons constaté que l’arrêt des missions Planète Urgence impactait négativement 68% de nos partenaires tandis que 62% d’entre eux identifient le volontariat comme un levier pour sortir de la crise.

 

C’est ainsi que, pour assurer la continuité de notre soutien et de notre engagement auprès de nos organisations partenaires et les aider à se relever de cette crise ; Planète Urgence lance deux nouveaux dispositifs : des missions de volontariat 100% en ligne et le déploiement du Congé Solidaire® en France.

 

Un nouveau dispositif : le e-volontariat

 

Comment ça fonctionne ?

Parce que l’impact est au cœur de notre action, les missions en e-volontariat répondent aux mêmes critères que les missions terrain (non substitution, non portage et non concurrence avec les acteurs locaux). Elles sont conçues conjointement par nos partenaires locaux et nos délégués nationaux présents sur le terrain, prenant en compte les besoins spécifiques de chaque partenaire, ses disponibilités et ses capacités techniques en matière de communication à distance.

Les missions ainsi créées sont ensuite rendues disponibles à tous les salariés de nos entreprises partenaires via notre site internet. Une fois la candidature du volontaire validée par le partenaire local et après que ce dernier ait suivi notre formation en ligne dédiée au e-volontariat, la mise en relation est effectuée, c’est le début de la mission !

Enfin, à l’issue de la mission, des rapports rédigés par le volontaire et le partenaire local ainsi qu’une évaluation après 6 mois sont réalisés pour mesurer l’impact pour le partenaire local et définir les axes d’amélioration pour les missions à venir.

 

Les types de mission :

Les volontaires ont l’opportunité de s’engager pour 3 types de missions :

  •       La formation pour adultes
  •       L’appui à la création d’outils
  •       Le coaching stratégique

La durée de ces missions varie en fonction du besoin identifié et de la disponibilité du partenaire. Ainsi, les volontaires peuvent s’engager entre 2 et 10 semaines, de 2 à plus de 12 heures par semaine.

Rendez-vous sur la page de recherche de mission pour vous engager sur une mission de e-volontariat (les missions de e-volontariat sont en phase de pilotage et sont privilégiées auprès des entreprises partenaires engagées).

 

 

Développement du Congé Solidaire® en France

 

La genèse du Congé Solidaire®

En 2000, Hervé Dubois, responsable logistique chez Médecin du Monde créé le dispositif du Congé Solidaire®, une forme nouvelle d’implication en faveur de ces citoyens désireux d’agir, permettant de réconcilier compétences personnelles et professionnelles, implication de l’entreprise et besoins des populations locales.

Elle naît de l’idée que les savoir-faire et le fonctionnement du monde de l’entreprise peuvent être utiles à la solidarité internationale en comblant de nombreux besoins non-couverts par les modèles de coopération classique. Durant l’année 1991, une équipe d’humanitaire de l’ONG Médecin du Monde part se positionner en Irak. Pour la première fois, celle-ci part accompagnée de 3 cadres d’un important bailleur de fonds, la Caisse des dépôts et de consignation, dans le but de renforcer le dispositif de terrain. Ces cadres s’avèrent utiles en solutionnant la gestion des flux de matériel et des équipes.

 

Des missions de Congé Solidaire® disponibles en France ! 

Planète Urgence se réinvente et déploie son dispositif international en France afin de contribuer au renforcement des associations locales, à l’émergence des nouvelles solutions écologiques, et surtout proposer une solidarité locale. Sur le même principe que le Congé Solidaire® à l’étranger, les structures partenaires bénéficient d’un appui en renforcement de compétences pour mettre en œuvre leurs actions grâce à la venue d’un volontaire dont le profil professionnel correspond aux besoins exprimés et ce durant 2 semaines.

Rendez-vous sur la page de recherche de mission pour vous engager sur une mission.

 

 

Vous êtes salarié(e) d’une entreprise partenaire de Planète Urgence et souhaitez vous engager pour la solidarité internationale ? Vous êtes intéressé(e) par l’un de nos deux dispositifs de volontariat Congé Solidaire en France et/ou le e-volontariat ?

Vous pouvez voir ou revoir le replay du live organisé par notre équipe Accompagnement et Partenariats ici :

 

Réaliser une mission de e-volontariat

Le e-volontariat est un dispositif créé par Planète Urgence suite à la crise sanitaire globale du COVID19 et vise à répondre aux besoins de nos organisations partenaires aux quatre coins du monde sans déplacement sur le terrain.

Ce nouveau dispositif nous permet d’assurer la continuité de notre engagement auprès de nos partenaire ayant été durement impactés au cours de ces derniers mois.Les missions de e-volontariat sont ouvertes aux salariés de nos entreprises partenaires uniquement. Ne nécessitant pas de départ à l’étranger, elles permettent aux salariés non disposés à partir en mission terrain de s’engager auprès d’une organisation à l’international. 

Pour les missions de e-volontariat, l’engagement du volontaire peut aller de 2 à plus de 12 heures par semaine pendant 2 à 10 semaines.

Sortie du livre 2034 dont les bénéfices sont reversés à Planète Urgence

2034 sortie du livre

2034 est la première dystopie du monde post covid19, écrite par Christophe Victor, ancien Directeur Général des Echos et co-fondateur de VivaTechnology. Disponible en version digitale ou en papier, il se commande sur le site https://www.2034.website/. Ses bénéfices seront intégralement reversés à Planète Urgence. (Sortie 15 juin 2020).

 

Écrit en pleine pandémie du coronavirus, 2034 est un thriller technologique qui nous projette quatorze ans après la crise, sur une planète qui a sacrifié l’environnement et privilégié la sécurité à la liberté, l’économique à l’humain, l’individualisme à l’intérêt commun. Hommage à 1984 et à Farenheit 451, il est une dystopie qui permet de s’interroger sur le sens profond de valeurs comme le libre-arbitre, la sécurité, la vérité, la démocratie ou le progrès. Il permet de se demander, à l’heure où beaucoup de choses sont à rebâtir, quel monde nous souhaitons réellement pour demain.

 

Afin de mêler la réflexion à l’action, l’intégralité de ses bénéfices en autoédition littéraire sur le territoire francophone sera reversée à Planète Urgence. Ainsi 60 à 70% du prix de vente du livre dans sa version numérique et 15 à 50% dans sa version papier viendront contribuer à des actions concrètes pour la forêt, la biodiversité et l’aide au développement local.

 

Aidez-nous à bâtir une chaîne de solidarité et de réflexion sur le monde d’après en faisant découvrir le livre et en le commentant sur les librairies en ligne. https://www.2034.website/.

Témoignage d’Emmanuel, bénéficiaire d’une mission Congé Solidaire® au Bénin

Découvrez le témoignage d’Emmanuel, professeur de français dans un lycée de Natitingou, au nord du Bénin, qui travaille en parallèle depuis 4 ans à la radio locale Nanto où il anime plusieurs fois par semaine le journal du midi. Il est l’un des bénéficiaires de plusieurs missions en journalisme dispensées par trois volontaires de Planète Urgence venus en Congé Solidaire® au Bénin.

 

Les formations, une grande source d’apprentissage

« Les trois formations que nous avons reçues nous ont permis d’évoluer sur différents points. Elles ont ajouté à notre travail de l’innovation et de la rigueur. Notre niveau d’écriture s’est considérablement amélioré et nous suivons désormais un conducteur technique indispensable pour apporter une cohérence à nos reportages, qui n’existait pas avant.

Avant l’arrivée de Lucile, le travail était surtout de l’improvisation, de « l’à peu près ». Elle nous a transmis une règle essentielle : « Tout ce qui se dit lors du journal doit être écrit à l’avance« . À son départ, tout le monde écrivait l’introduction avant même de dérouler les titres.

 

D’un point de vue plus personnel, Hélène m’a appris à concevoir des phrases courtes et à identifier des phrases d’accroche pour ajouter un certain impact et ne pas perdre l’attention des auditeurs. »

 

Une progression continue

Les bénéficiaires de cette mission n’ayant pas reçu de formation en journalisme, leurs besoins évoluent donc au fur et à mesure des arrivées des volontaires. L’intérêt est alors d’adapter les objectifs de chaque intervention envers les participants selon leurs connaissances, besoins et capacités.

« Hélène nous a enseigné les grandes lignes de la construction d’un magazine audio, de la recherche d’un sujet jusqu’à sa diffusion à la radio en passant par l’interview de témoins et de professionnels. Depuis son départ, ces magazines ont trouvé une place dans la grille des programmes. Toutefois nous devons encore faire des progrès sur la qualité des reportages, trop mécaniques, pour les rendre vivants et intéressants pour nos auditeurs.

Nous sommes malheureusement souvent confrontés à l’autorité politique qui ne nous facilite pas toujours la tâche dans l’exercice de notre métier. »

 
Le mot du directeur de la radio à ses journalistes :

« Il faut que tout ce que Planète Urgence nous a apporté se ressente auprès des auditeurs« .  – Théosphore

 

À propos de Nanto FM

Partenaire de Planète Urgence depuis 2013, Nanto FM est la petite radio communautaire de la commune de Natitingou. Créée en 2003, elle diffuse quotidiennement ses programmes à destination des habitants de la ville et de ses environs en langue française mais également en plusieurs langues locales : Waama, Ditammari, Dendi, Fon… Elle émet toute la semaine de 7 heures à 12 heures puis de 16 heures à 22 heures.

À travers ses journaux d’information, ses magazines et ses reportages en rapport avec le quotidien des auditeurs, l’équipe d’animateurs et de journalistes contribue ainsi fortement au développement de la commune de Natitingou et de sa région. Elle est animée par 10 journalistes permanents, 2 techniciens et 7 pigistes, tous salariés, parfois rejoints par des bénévoles.

La popularité croissante de Nanto FM pousse l’équipe à vouloir se professionnaliser et à perfectionner les trois bulletins d’information de la journée mais également à diversifier leurs activités, notamment en mettant en place des reportages annexes sur des thématiques actuelles : sport, santé, politique, place des femmes dans la société, etc.

Depuis le début du partenariat, trois volontaires sont venus partager durant deux semaines chacun leurs connaissances avec les équipes en leur enseignant des bases théoriques mais également en les accompagnant sur le terrain pour adapter les formations à la réalité du terrain. Le but étant de remplir trois objectifs précis :

– Réaliser et animer un magazine attractif répondant aux attentes des auditeurs,

– Augmenter la qualité des informations transmises pendant les bulletins,

– Préparer un reportage, du choix du sujet à sa réalisation.

 

D’une écologie du risque à une écologie résiliente ?

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Analyse des discours écologiques autour de la crise du Covid 19 – par Bertrand Pauget Maître de Conférences à l’Université de Karlstad (Suède) et ami de Planète Urgence

 

Le chercheur de Bertrand Pauget nous propose une analyse sur la transformation en cours du mouvement écologiste. L’ancien modèle, ancré sur l’idée d’une nécessaire protection face aux risques est effectivement remise en cause par un nouveau courant, acceptant les vulnérabilités et proposant de construire une société plus résiliente – à l’image des projets menés par l’association Planète Urgence.

 

La Crise du Covid 19 est avant tout une crise sanitaire. Pourtant, nous voyons ça et là des interventions de personnalités publiques, de scientifiques, de journalistes appelant à cette occasion à la création d’un « nouveau monde », plus respectueux de l’environnement . Ces appels ne sont pas nouveaux et surviennent à chaque crise d’ampleur. Ils semblent toutefois recueillir un écho médiatique plus important que par le passé. En analysant la presse écrite, nous voyons deux types de discours à l’œuvre ; chacun étant porteur de sens très différent, quoi qu’appelant à un changement sociétal majeur. Il ne s’agit pas ici de s’interroger sur le bien fondé de telle ou telle position mais bien d’en comprendre les ressorts.

 

Le premier discours est traditionnel. Il se base sur un soubassement religieux. De nombreux travaux académiques ont montré que le discours écologique avait de tels fondements avec des appels à des actes de foi, à la protection d’une nature « sacrée ». En France, le sociologue Rachid Amirou avait mis en évidence que la protection de la nature était d’autant plus opératoire qu’elle s’appuyait sur des croyances ancestrales 3. Le renoncement à certaines activités humaines comme l’exploitation du gaz de schiste en France pouvait s’expliquer en raison du caractère sacré de certains lieux.

Une autre variante de ce type de discours est eschatologique. Elle garde une composante religieuse en ce qu’elle propose une nouvelle vision de la fin du monde, à savoir ici, la finitude de notre civilisation occidentale. Les partisans de l’effondrement civilisationnel voient dans la crise du Covid 19, la première étape d’une lente désagrégation sociétale avant un possible rebond local.

 

Le deuxième type de discours prend appui sur les limites du projet de la société du risque telle qu’expliquée par Ulrich Beck. Le sociologue allemand tout en reconnaissant que des risques externes peuvent affecter une société (Ouragan, séisme…), considérait que notre projet de société était orienté vers la maîtrise des risques liés aux activités humaines. Il s’agissait par exemple de parer à des ruptures de la chaîne logistique, à maîtriser le juste à temps, de s’assurer contre les risques d’un incendie…La société du risque est-elle capable d’absorber les chocs externes (pandémie…) ? La chose est encore en discussion. La variante de ce discours, aujourd’hui en émergence, mérite notre attention. Il s’agit d’envisager la fin de la société du risque telle qu’elle a été conçue. Ce que souligne la crise du Covid 19 est la vulnérabilité des sociétés face au risque. L’idée qui se fait jour est que les chocs extrêmes, qu’ils soient sanitaires ou écologiques, sont désormais inévitables pour les Humains.

 

Cette idée se pose en concurrente d’une société du risque mais sa dimension opératoire est encore sujette à caution faute de définition consensuelle du couple vulnérabilité-résilience. Doit-on se concentrer sur la restauration d’espaces de biodiversité comme le suggèrent certains scientifiques ? Doit-on insister sur des productions et des liens locaux comme facteur de résilience ?…

 

Si les différents courants écologiques comportent plus que des nuances, ils concourent au renforcement d’une conscience écologique globale dans les sociétés européennes. Alors que le discours écologique a beaucoup porté sur la décroissance et la sobriété écologique, nous voyons poindre une nouvelle facette d’un projet société écologique où la finitude et l’acceptation du risque sont parfois présentés comme des éléments clés de notre futur développement. Les notions de fragilité, vulnérabilité, résilience… sont cependant pour l’heure trop floues pour espérer concurrencer une « société du risque » bien établie.

 

Bertrand Pauget, Maître de Conférences à l’Université de Karlstad (Suède).

 

 

    https://www.france24.com/fr/20200429-covid-19-la-th%C3%A9orie-de-la-d%C3%A9croissance-rendue-plus-audible-gr%C3%A2ce-au-confinement
    Voir par exemple Cadoret A. (1988), Chasser le Naturel… , Edition de l’EHESS, Paris ou encore Pradès, J-A, 1998, Ethique de l’environnement et du développement, Puf,  « Que sais-je ? », Paris.

  Amirou R. (2007). La nature comme sacralisation postmoderne : illustration à partir du tourisme, working papers.

Certaines forêts, qui étaient protégées en raison de leur caractère supposément magique, continuaient de l’être car elles constituaient un pan de l’imaginaire des sociétés. Voir aussi Bertrand Pauget, L’émergence d’une sacralité environnementale :illustrations à partir du débat autour du gaz de schiste en France, qui est une extension du travail entrepris avec Rachid Amirou.

    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/04/10/pablo-servigne-cette-crise-je-ne-l-ai-pas-vue-venir-alors-que-je-la-connaissais-en-theorie_6036175_3244.html
    Une introduction à la pensée de Beck est disponible à l’adresse suivante : https://journals.openedition.org/questionsdecommunication/7281
    Les assureurs, premier soutien de la société du risque, évaluent la capacité à assurer les chocs externes telles que les pandémies… Voir par exemple : https://lexpansion.lexpress.fr/entreprises/comment-les-assureurs-preparent-ils-l-apres-crise-du-coronavirus_2123876.html
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/05/06/nicolas-hulot-le-monde-d-apres-sera-radicalement-different-de-celui-d-aujourd-hui-et-il-le-sera-de-gre-ou-de-force_6038803_3244.html
    https://madame.lefigaro.fr/societe/interview-philippe-grandcolas-le-covid-19-revele-notre-mauvais-comportement-vis-a-vis-de-la-biodiversite-160420-180733

L’impact du Covid-19 auprès des partenaires locaux de Planète Urgence

coronavirus

Afin de mieux comprendre les impacts de la crise dans ses 17 pays d’intervention, l’ONG Planète Urgence a réalisé une enquête auprès de ses 217 partenaires locaux. L’objectif était double :

  • comprendre l’impact de l’épidémie du Covid-19 sur leurs activités
  • connaitre leurs besoins d’accompagnement pour les aider à surmonter leurs difficultés.

Au total, l’enquête a permis de collecter les réponses de 78 acteurs associatifs et du développement répartis dans 15 pays.

 

Une baisse significative des ressources

L’étude menée par Planète Urgence démontre que ces acteurs clefs du développement local sont confrontés à une baisse significative des ressources et doivent néanmoins relever le défi de maintenir leurs actions sur le terrain auprès de communautés souvent très frappées par la crise.

 

impact_activite_quotidienne

A l’heure actuelle, 96% des associations sont impactées dans leurs activités quotidiennes, et doivent diminuer ou adapter leurs actions. 20% des partenaires ont même dû complètement arrêter leurs activités. 

Au cœur des inquiétudes des partenaires locaux, se trouve essentiellement la poursuite des financements. 35% d’entre eux estiment que les impacts économiques sont encore difficiles à évaluer, 40% anticipent d’ores et déjà une perte de revenus significative, ou encore 5% une perte totale des revenus qui entrainerait un arrêt complet des projets.

 

Le volontariat, un soutien à fort impact !

 

L’absence du volontariat représente aussi une difficulté pour les partenaires de Planète Urgence. L’annulation des missions de volontariat depuis mars 2020 a des effets négatifs pour 68% des structures partenaires, du fait notamment du ralentissement de leur développement.

 

impact du volontariatEt pourtant, ces mêmes acteurs peuvent et doivent jouer un rôle d’atténuation de la crise actuelle auprès des communautés les plus vulnérables. 68% des partenaires interrogés ont ou vont adapter leurs actions dans ce sens, il est donc nécessaire de leur venir en aide pour les soutenir dans cette voie.

 

Au-delà des besoins financiers, un des leviers d’aide plébiscité par les acteurs locaux est le volontariat. Plus de 6 partenaires sur 10 estiment que le volontariat sera un levier pour sortir de la crise.

 

 

 

 

 

Une nouveau dispositif volontariat pour répondre aux besoins identifiés

 

Planète Urgence reste donc fortement mobilisée à leurs côtés et proposera une réponse adéquate à chaque partenaire. D’ores et déjà, l’association travaille actuellement sur un dispositif de volontariat digital afin de continuer à apporter un soutien à distance à ses partenaires. 54% d’entre eux sont d’ailleurs favorables à cette initiative. Enfin, Planète Urgence répondra à la demande de tous les partenaires pour les aider à identifier des besoins post crise. 68% des partenaires souhaitent déjà développer des nouvelles missions pour le reste de l’année.

 

L’entraide et la solidarité restent importants pendant cette période. L’équipe remercie chaque partenaire d’avoir pris le temps de partager sa situation et chaque volontaire ayant exprimé le souhait de s’engager dès que la situation le permettra. L’association remercie également, bien sûr, ses partenaires mécènes, qui continuent à la soutenir pendant cette période.  

Consulter l’ensemble des résultats de l’enquête.