Le replay du webinaire « Histoires d’Arbres » est disponible !

Le 9 avril dernier, vous étiez nombreux à suivre en direct notre webinaire « Histoires d’Arbres » et nous vous en remercions ! Ce moment fût l’occasion pour Amandine, notre Directrice Générale et René, notre Délégué National au Cameroun de revenir sur le rôle de l’arbre dans notre environnement et de présenter notre projet FARE du Cameroun.

 

Vous avez manqué ce rendez-vous ? Nous avons pensé à tout !

Voici le replay de ce webinaire pour le voir, le revoir ou le partager autour de vous !

 

 

Voici le TOP 5 des questions reçues :

 

« Est-ce que la plantation de l’anacarde nécessite beaucoup d’eau ? »

L’anacarde est une espèce adaptée aux zones arides.

Oui, nous aurons besoin de beaucoup d’eau, mais en pépinière, pour faire pousser les plantes. Nous avons une période de mise en terre : autour de mars/avril. Si on rate cette période, on sera obligés d’utiliser plus d’eau pour accompagner les plantes dans leur croissance. On lance les plantations autour de mai/juin. Passée cette période, nous aurons des problèmes d’autonomisation des plants lorsqu’ils seront mis en terre, autour de mai/juin.

En conclusion, oui l’anacarde nécessite beaucoup d’eau en pépinière, mais lorsque les plants sont mis en terre à temps, ils prennent leur autonomisation et n’ont donc plus besoin d’arrosage.

 

 

« Comment est perçue votre démarche par les populations ? »

Ce projet FARE a déjà eu de fortes retombées, tant au niveau des producteurs qu’au niveau économique. Les producteurs en veulent plus : chacun veut planter l’anacarde. C’est un sentiment partagé de bienveillance, ils sont très contents d’accueillir ce projet et attentent impatiemment les retombées sur le long terme.

 

« Utilisez-vous des pesticides dans les champs d’anacardiers ? »

Nous avons observé des attaques sur des plantes en champ. Il faudra par la suite les traiter. Nous avons utilisé quelques pesticides, malheureusement chimiques, au niveau des pépinières mais pas du tout en champ. Nous envisageons pour la vision 2020-2022 du projet, d’utiliser des pesticides bio, c’est-à-dire fait de matière organique. Il sera alors question de mobiliser les populations et de les former à la fabrication de ces pesticides pour que les producteurs puissent les utiliser et les utiliser dans leurs champs.

 

« Est-ce que la sauvegarde de l’anacardier permettra de sauvegarder une partie de la faune ? »

Il est question avec ce projet de biodiversité, en effet. Dans le complexe des 3 parcs (Faro, Bénoué, Bouba Ndjida) se trouvent 7 corridors de biodiversité. Il est donc important de focaliser l’attention des producteurs sur les champs d’anacardiers et non sur ces corridors. Tel est l’objectif du projet FARE. Il n’est pas seulement question de reboiser les corridors avec de l’anacarde. On reboise dans les plantations des paysans pour les concentrer sur la culture de leur champ.

Avec ce reboisement, nous évitons la déforestation.

 

« Avez-vous besoin de bras pour les plantations, d’où l’intervention de Planète Urgence ? »

La réponse est NON, ce n’est pas le travail de Planète Urgence !

Notre ONG a 2 activités : une de volontariat (sur de l’apport de compétences), et une de plantation. Sur la première partie, celle du volontariat, nous pourrions potentiellement avoir besoin d’apport de compétences notamment sur la structuration des filières économiques ou autres. En revanche, sur la partie plantation, il n’y a pas d’intérêt à ce que des Français aillent planter des arbres à l’autre bout du monde. Il est très important que ce soit les populations riveraines elles-mêmes qui plantent les arbres, puisque quand on est impliqué dans un projet et qu’on l’aime, on a tendance à plus le protéger et à s’en sentir responsable. C’est donc primordial que ces plantations soient faites par les locaux !

 

 

Le projet FARE au Cameroun se poursuit, après sa phase pilote en 2019. Avec plus de 30 000 plants d’anacardiers plantés, plus de 500 producteurs sensibilisés et accompagnés, et 5 nouvelles pépinières mises en place, ce projet a tout pour réussir !

Coronavirus : la revanche de la planète sur l’Humanité ?

La pandémie du Covid-19 brutale et meurtrière qualifiée de « crise existentielle » par Elise Buckle (1), conseillère à l’ONU doit être l’occasion de repenser les rapports entre l’humanité et la nature. L’arrivée des épidémies telle que le Coronavirus est due aux actions humaines. Ce phénomène que nous sommes en train de vivre va s’accroître ; la forêt que nous sommes en train de détruire est une barrière de protection naturelle. En voici les raisons.

 

Nombreux sont les « chasseurs de virus » qui depuis une décennie alertent sur la multiplication et la dangerosité des pandémies en cours et à venir : « Nous avons organisé des systèmes qui font tout pour engendrer puis accélérer ce genre d’épidémies » soulignent Philippe Grandcolas et J.F Guegan, (1) respectivement directeurs de recherche au CNRS et à l’INRA, spécialistes de la biodiversité.

 

La grande majorité des virus est portée par des animaux sauvages ; dans leur milieu naturel, ces agents pathogènes ont une fonction mais « la perturbation de ces écosystèmes cause en revanche une multiplication d’interactions avec les humains. Elle crée ainsi de nouvelles passerelles pour les microorganismes. » rappelle J.F Guégan. Fidel Baschetto (3), vétérinaire et professeur à l’université de Cordoba explique que ces virus qui sont nouveaux pour nous ne le sont pas pour la nature. C’est la cohabitation entre les hôtes des gants pathogène et l’homme qui produit la maladie.

 

Des épidémies propagées par le saccage de l’environnement

 

Le processus est toujours le même : la déforestation et l’artificialisation des sols au profit de la monoculture et de l’élevage intensif, en privant les animaux sauvages de leur nourriture, les poussent vers les lieux habités. Inversement les populations locales entrent en contact avec eux par l’exploitation agricole et par la chasse puis la revente sur les marchés de cette « viande sauvage ».

 

Le chercheur bolivien Carlos Zambrana-Torrelio(3) spécialiste de l’étude des relations entre environnement et pathologies émergentes travaille sur les « zoonoses », ces maladies transmissibles de l’animal à l’homme. Il donne différents exemples de foyers épidémiques dus à la déforestation des forêts tropicales comme celui du virus Chapare ou l’épidémie d’Ebola au Libéria et au Sierra-Léone où la fragmentation de la forêt a entraîné des concentrations de chauves-souris, véritable réservoir du virus. En 2010, une étude publiée dans la revue scientifique Emerging infection diseases montrait que la destruction de 4% la forêt amazonienne avait entraîné une hausse de 50% du paludisme.

 

Ces zoonoses engendrées par la mutilation des écosystèmes sont aggravées par un système d’alimentation non durable et la priorité donnée à l’économique sur le social et l’écologie, par la mondialisation des échanges et le transport aérien sans parler du réchauffement climatique dont certaines études laissent à penser qu’il pourrait aussi favoriser leur propagation.

 

 

 

Le confinement donnerait-il un nouveau souffle ?

 

Le confinement a mis en exergue une économie cancéreuse et une diminution spectaculaire de la pollution : amélioration de la qualité de l’air en raison de la diminution des déplacements et de l’arrêt de nombreuses usines et du confinement de 3 milliards d’individus que ce soit en Chine, à Paris ou à Venise. Pourtant selon la co-présidente du groupe 1 du GIEC, Valérie Masson-Delmotte dans une interview à France-Info, c’est un leurre car « la baisse actuelle des émissions carbone est très ponctuelle et anecdotique par rapport au défi du réchauffement climatique qui dépend de la baisse régulière et forte des émissions pendant des décennies. » (5)

 

De plus, cela ne règle pas le problème de l’émergence et la propagation des zoonoses. Pour ce faire il faudrait que cette crise amène « un moment de résolution » qui selon P. Grandcolas passe par l’abandon « d’une vision manichéenne de la biodiversité ». Ainsi l’éradication des chauves-souris, porteurs d’agents pathogènes, ne ferait qu’engendrer de nouveaux déséquilibres potentiellement dangereux. Il faut en fait « renforcer la compréhension de la biodiversité et son respect » pour J.F Guégan.

 

Il faut aussi repenser nos modes de vie, de consommation et d’échanges non pour tout mettre à l’arrêt mais pour « faire le tri entre essentiel et accessoire » et profiter de cette crise pour faire « une relance verte » comme le demande Elise Buckler(1) avec un arrêt du financement de la déforestation et de l’agriculture productiviste au profit de la reforestation et de l’agriculture durable.

 

D’une prise de conscience individuelle de la nécessité d’un changement de comportement qui semble émerger, il faut passer à un changement de point de vue de nos gouvernants au niveau national et mondial qui doivent comprendre que l’écologie, la protection des écosystèmes n’est pas une vue idéologique mais la condition de notre survie car « tout changement que nous imposons à la planète aura des répercussions sur notre santé » Carlos Zambrana-Torrelo (3).

 

Sources :

(1) La Tribune, 27 mars 2020, Covid-19 : les atteintes à la biodiversité ont accéléré l’épidémie

(2) TV5 Monde, 03 mars 2020, Coronavirus le réchauffement climatique et la deforestation favorisent l’émergence de nouveaux virus  

(3) Courier International, 28 mars, la destruction des écosystèmes par l’humain favorise l’émergence d’épidémies

(4) Le Figaro,17 mars 2020, l’émergence du coronavirus est-elle liée à la déforestation?

(5) France TV Info , Ce n’est pas une baisse ponctuelle de la pollution qui règlera la question

Témoignage d’Hélène, partie en Congé Solidaire® au Bénin en février 2020

Découvrez la première expérience de volontariat d’Hélène au Bénin

Reporter pour un grand magazine de découverte à France Télévision, habituée des voyages au quatre coins du monde, Hélène a posé pour la première fois le pied en Afrique noire durant deux semaines au mois de février 2020. Partie dans le cadre d’un Congé Solidaire®, c’est plus précisément à Natitingou au Bénin qu’elle a posé sa valise, pour partager ses compétences en journalisme avec la radio locale Nanto.

 

 

Qu’est-ce qui t’a le plus impactée ?

« Côté professionnel : c’est la motivation de l’équipe ! Malgré les aléas, que sont l’absentéisme, les retards ou les contraintes horaires dû à leur travail, elle est très chaleureuse et inéluctable, extrêmement agréable pour travailler et encourageante pour la suite. Cela m’a rendue heureuse. »

 

 

Penses-tu avoir apporté quelque chose ?

« C’est évident car en l’espace de dix jours ils ont tous progressé, chacun à leur échelle. De la stagiaire, qui était là depuis à peine un mois, jusqu’au rédacteur en chef, tous ont évolué. J’espère qu’ils ne relâcheront rien et continueront sur cette belle lancée. »

 

 

Comment ressors-tu de ces deux semaines ?

« Humainement, professionnellement… extrêmement enrichie et touchée. Je me rendrais compte sûrement après mon départ à quel point cette expérience m’a impactée avec un gros coup de blues. Les gens m’ont touchée, ils ont une chaleur humaine, une simplicité et une faculté de rire cent fois dans la journée que je ne retrouve plus en France. Ça fait du bien à l’âme. »